Comme prévu, les accès internet étaient limités en Chine, d’où notre silence prolongé. Cela n’excuse pas tout non plus : on est arrivé il y a quelques jours en Australie, après un court passage au Japon et à Hong Kong. Mais revenons là où nous vous avions laissés : à la frontière entre la Laos et la Chine.
Quand on passe le poste frontière avec la Laos, la première impression de la Chine est impressionnante. On a commencé à se faire fouiller méticuleusement tous nos sacs par 3 militaires, puis un agent de l’immigration a inspecté nos passeports pendant 5 min environ en le retournant dans tous les sens. Le contraste avec le réseau routier du Laos est saisissant. Ici, les routes sont grandes, modernes, et foncent tout droit, passant à travers les montagnes à grand coup de tunnels et de viaducs.
On est arrivé à Jinghong dans le Yunnan en milieu d'après-midi et on a mis +1H à nos montres. Ils ont le même fuseau horaire pour toute la Chine, aligné sur Beijing évidemment, et les pauvres habitants de l'ouest sont obligés d'avoir deux heures : celle officielle de Beijing et une officieuse qui leur permet de vivre plus en accord avec le soleil.
A peine mis le pied hors du bus, on se dirige vers le bureau des renseignements de la gare routière. Deuxième constat : personne ne parle un mot d'anglais, et surtout tout le monde nous parle en chinois comme si on allait comprendre. Du coup, tout devient plus difficile : impossible de demander des renseignements, on s’accroche au moindre panneau traduit en anglais, ce qui est assez rare dans le Sud de la Chine. On a quand même réussi à acheter un autre billet de bus en utilisant les traduction du guide (toutes les villes-rues-monuments sont écrits en français ET en chinois, ça sauve la vie).
En tout cas on a profité de nos quelques heures d'arrêt à Jinghong pour visiter la ville. Troisième constat : c'est propre et moderne ! Tous les scooters sont électriques et silencieux, c’est paisible. L’arrêt dans cette ville était de courte durée, et on a repris un bus de 18h pour atteindre Lijiang, une des beautés de la province du Yunnan. Notre bus était moderne et équipé de grosse couette, donc le voyage a été assez confortable. Le voyage a quand même été perturbé par une fouille musclée de la part des militaires qui visaient surtout les femmes typées tibétaines avec des enfants en bas âge. Ils ont apparemment trouvé quelque chose et ont embarqué une passagère. On n’a pas tout compris à la scène mais l’ambiance était assez tendue, et nous sommes sagement restés à notre place… Ce voyage a aussi été l’occasion de découvrir les chinois (crachats partout sur la moquette, raclements de gorge incessants, ce n’est pas qu’une légende) et les toilettes publiques (à la turque, évidemment, sales, bien sur, mais surtout communs, sans séparation aucune ! Ils ne semblent pas être pudiques !)
La petite ville de Lijiang est une vieille ville magnifique dans les hauteurs de la province du Yunnan. La luminosité est assez fabuleuse, les montagnes environnantes sont superbes, parfois enneigées, les bâtiments et la ville valent le détour. Nous sommes à 2400m d'altitude et la température s'est bien rafraichie. Nous logions dans une petite pension tenue par un mama bien sympathique bien qu'assez autoritaire (les femmes ont l’air de tenir les affaires ici !), et nous prenions les diners communs avec les autres hôtes de la guesthouses pour découvrir les spécialités locales. Un vrai régal à chaque fois !
Nous sommes ensuite partis faire un trek de 2 jours dans les gorges du Saut du Tigre, un peu au Nord de Lijang. Les grandes parois verticales étaient impressionnantes, il paraît que c’est une des gorges les plus profondes du monde. On a pu apprécier le coucher et le lever de soleil sur les montagnes depuis la terrasse de l’hôtel. Le lendemain, notre descente dans la vallée était ponctuée de sons d'explosion : ils élargissent la route au fond de la gorge à grands coups de dynamique dans la roche pour pouvoir augmenter le trafic de bus touristiques. On a croisé quelques villages, de nombreuses chèvres et des cascades. Puis on est descendu sur un chemin bien raide au niveau de la rivière. De près, les rapides sont impressionnants ! Mais la partie la plus dangereuse était le retour en minivan sur la route en travaux, en théorie fermée. Le minivan devait se frayer un chemin en passant régulièrement juste au bord du précipice et de temps en temps attendre quelques minutes qu’ils fassent sauter la dynamite un peu plus loin.
Puis on a quitté le Yunnan pour aller plus à l’Est, dans la province du Guangxi. Pour ça, on a dû prendre 2 trains de nuit, qui sont lents mais très confortables, en faisant une courte halte à Kunming, sans intérêt touristique majeur.
Au bout de 2 jours de voyage, nous sommes enfin arrivés à Yangshuo. On a tout de suite apprécié la ville et la guesthouse dans laquelle on s’est arrêté. Les environs sont très beaux, et ressemblent un peu à la baie d’Along en format terrestre. Du coup, on est resté là bas quasiment 1 semaine, à visiter les grottes (on a expérimenté les bains de boue et les sources chaudes), faire du vélo dans les rizières, faire du shopping, assister à un spectacle de sons et lumières au milieu des pics, passer des soirées animées en compagnie d’autres backpackers sur le toit de l’hôtel autour de quelques bières, prendre un cours de cuisine (à cette occasion, on a fait un tour du marché local, où on peut acheter toutes sortes de viandes, dont du chien. Les chinois, et particulièrement dans le sud, mangent vraiment de tout : chien, chat, taupes…).
On a eu du mal à partir, mais les jours défilaient, et on a dû se résoudre à mettre les voiles, direction rizières du Dos du Dragon, pas loin de là.
Les rizières du dos du dragon c'est une vallée et quelques jolis villages perchés dont les habitants ont sculpté au fil des siècles les montagnes pour aménager des rizières en terrasse. On a dû marcher 40 min avec nos gros sacs à dos pour atteindre l’hôtel et plein de petites vieilles des montagnes sont arrivées en courant pour nous porter nos sacs (contre salaire évidemment) mais on a préféré se débrouiller tout seul, fièrement et on a atteint l’hôtel bien fatigués !
Tous les villages du coin sont fait de maisons en bois avec des tuiles noires. A peine notre repas avalé et nos forces récupérées nous sommes partis randonner dans les environs. Certains points de vue sont grandioses, la montagne est entièrement sculptée par les rizières. On était malheureusement arrivés 15 jours trop tôt car à partir de mi-mai ils inondent toutes les rizières et ça devient encore plus beau avec les reflet du soleil et tout. Mais bon on va pas se plaindre, on a quand même eu droit à un peu d'eau par ci par là. On n'était partis pour une courte marche mais on est finalement revenus 5H plus tard assez crevés.
Le lendemain on a refait une petite ballade aux aurores puis on a repris la route de la station de bus pour nous rendre à la gare de Guilin et attraper notre train pour Xi'an.
Seulement 28H de train... précédées de 2H de bus... facile !
