Derniers sauts de puce en Asie : Le Japon et Hong Kong

Un cours trajet en avion nous a amené de Pékin à Osaka. On a rejoint Kyoto en train. Il était 18H30 et on a pu assister à la sortie des bureaux : 90% des hommes sont en costard-cravate, l’air crevé, à dormir debout dans les wagons ; les étudiantes pas frileuses en jupe de 10cm, souliers vernis, chaussettes aux genoux, chemisier ouvert et chupa chups dans la bouche. Bienvenue au Japon ! Les trains sont également très propres, on pourrait manger par terre.

18H30 c’est pas que l’heure de la sortie des bureaux, c’est aussi l’heure de l’apéro et y avait pas mal de japonais qui sortaient leur petite canette de bière de leur sacoche, leur petit sachet de cacahouète de leur poche et qui se prenaient l’apéro tous seuls debout au milieu du wagon.

On est arrivés de nuit alors on n’a pas vu grand chose. La ville est calme, quasi pas de circulation et pas grand monde dans les rues. En cherchant notre chemin en sortant de la gare on a croisé une sud-coréenne qui allait au même hôtel que nous et qui nous a montré la route. Au moment de traverser une ruelle déserte, elle nous crie “stoooop”… effectivement le feu piéton était rouge, y avait pas une voiture à des kilomètres mais on a attendu comme des sages que ça passe au vert. Décidément ça change du reste de l’Asie…

Notre guesthouse était vraiment chouette, il faut enlever ses chaussures à l’entrée, tout le monde est en chaussette, y a des lieux de vie très sympa, c’est hyper propre, les toilettes possèdent une télécommande remplie de boutons pour toutes sortes de jets ou de parfums ou de musiques pendant que vous faites votre affaire, bref c’est ambiance.

Le lendemain, nous sommes partis du mauvais pied avec le Japon.

On avait décidé de louer des vélos pour visiter la ville. Ce qu’on fait depuis quelques temps et qui marche bien pour se déplacer librement, rapidement, sans être trop cher. On a commencé par se faire klaxonner sur la route avant de comprendre qu’au Japon, on ne roule pas sur la route, mais sur les trottoirs, là où sont tous les piétons… donc on perd pas mal en rapidité. Les feux rouges durent 3h et on passe pour des hors la loi quand on ne les respecte pas, alors qu’il n’y a aucune voiture à des km. C’est aussi très compliqué de savoir où poser son vélo. On ne peux pas le garer n’importe où dans la rue, il faut aller le mettre au parking, sinon il peut se faire embarquer par la fourrière. Le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup de parkings. Ne pas savoir quoi faire de nos vélos pour visiter les temples nous a fait beaucoup tourner en rond et gâché un peu le plaisir.

Une fois qu’on a réussi à entrer dans les temples, on n’était pas au bout de nos peines. Un temple, ce n’est pas qu’un seul bâtiment, c’est plein d’édifices dans un grand parc, dans lesquels il faut entrer déchaussé. Donc les chaussures, il faut les mettre et les enlever toutes les 5 min. Manque de chance, on avait mis nos chaussures de marche pour être plus à l’aise… Et dès qu’on marche par inadvertance sur un endroit interdit, plusieurs japonais se précipitent sur nous pour nous le faire remarquer. Mais tout ça fait avec une grande politesse. On est au Japon quand même.

Mais on ne peut pas résumer le Japon à ces quelques difficultés liées au fossé entre nos cultures respectives. Notre agacement a été estompé par la beauté des ruelles empruntées, l’ambiance zen des temples visités, la gentillesse des personnes croisés.

Kyoto est assez immense et le nombre de choses à visiter est énorme. On a choisi, un peu au hasard, de consacrer notre 1ère journée aux temples de l’est de Kyoto et de Gion, le quartier des Geisha. Même si beaucoup de temples se ressemblent, les lieux diffèrent par l’ambiance et les gens qui y sont. En haut d’une colline, on a visité le 1er temple au milieu de centaines d’écolières en jupe plissée et chaussettes hautes. On a admiré la forêt autour avec ses multiples teintes de vert.

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On a croisé sur notre chemin une procession de bonzes, qu’on a suivi jusqu’à un temple, avec un énorme buddha assis, où on les a écouté chanter.

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On a admiré l’architecture jap avec les maisons en bois, à portes coulissantes et toits multiples.

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On a regardé avec étonnement des couples de jeunes habillés en tenue traditionnelle et avec des yeux encore plus grands des Geisha se promenant dans la rue.

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Le lendemain, nous avons visité des temples zen qui sont situés au milieu de jardins qui à eux seuls valent la visite : c’est un plaisir de se balader dans ces lieux très reposants. Tout est beau, tout est bien agencé, tout est feng-shui, chaque petit caillou est à sa place, on sent que rien n’est laissé au hasard.

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Le dernier jour, on a continué nos visites avec un temple un peu différent : un sanctuaire dédié au riz et au saké. C’est magnifique : 4km en marches d’escaliers qui serpentent jusqu’au sommet d’une colline ; la totalité du trajet s’effectue sous des toris (arches oranges/rouge) alignés tous les 50cm environ.

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De retour sur Kyoto on file à l’autre bout de la ville visiter une bambouseraie qui borde un temple. Le site est superbe et on passe encore un bon moment à se promener au hasard en traversant des jardins et en longeant des rivières.

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Au final, Kyoto nous a bien plu. Il faut prendre un peu le temps, se balader et se perdre dans les petites rues pour en prendre plein la vue. Mais nous n’y avons passé que 3 jours, ce qui est bien trop court pour découvrir le Japon !

L’avion suivant nous a emmené à Hong Kong, où on s’est pris un gros choc thermique et hygrométrique en sortant de l’avion. On y est resté également 3 jours, à se balader alternativement dans les pots d’échappement et les tours gigantesques ou au bord de la mer et les petits marchés, la plupart du temps sous un ciel chargé en nuages et bouchant la visibilité, mais le dernier jour, sous un ciel bleu éclatant ! Hong Kong est composé de plusieurs îles et d’un bout de continent, qui en font un territoire gigantesque, bien plus grand que la ville en elle-même. Le 1er jour on est parti se balader sur l’île de Lama : une île sans voiture, avec des villages de pêcheurs et des restaurants de fruits de mer, de la jungle et quelques plages. Un havre de paix pour les gens qui n’en peuvent plus de la ville.

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On a également fait les incontournables de Hong Kong : une balade en haut du Victoria Peak, où beaucoup d’expat font leur footing ou se promènent avec leurs enfants. On a une belle vue sur la baie et les buildings. Le soir, on s’est promené sur le long de l’allée des Stars, en face de l’ile de Hong Kong, et qui donne directement sur la baie et d’où on peut admirer la skyline. Comme à Hollywood, plein de stars ont leur nom sur une dalle, sauf que là, on ne connaît absolument personne…

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Le Sud de l’ile de Hong Kong est un endroit prisé des expats : plages, port de plaisance, cote presque sauvage. Du coup le prix des logements s’envole, et dans le building qui vient d’être terminé, on peut louer son appartement grand standing pour la modique somme de 40 000 € par mois… Bienvenue dans le monde des traders !

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Il existe néanmoins des petits marchés qui rappellent qu’on est en Asie et on a fait nos dernières courses avant de passer dans les pays chers.

On a bien apprécié cette dernière étape asiatique avant de mettre les voiles dans le pays du requin, des araignées, des crocodiles et de la plage : l’Australie !

Chine, les grandes villes du Nord Est

Après une soirée, une nuit et une journée complète passée dans le train, nous sommes enfin arrivés à Xi’ian, une ville connue pour ses trésors archéologiques. Il faut dire que quand on regarde la carte de la Chine dans le Lonely Planet, on se dit qu’on va aller à cette ville, puis faire un détour pour aller à celle-là, sans forcément se rendre compte que les distances de ce pays sont gigantesques… Heureusement les trains sont vraiment confortables, comme on l’a déjà dit. Par contre, il ne faut pas être sous le haut parleur qui crache de la musique chinoise très irritante, et évidemment, nous étions tout en haut, juste sous les baffles. Ils les éteignent quand même la nuit, mais les remettent en route dès 6h du matin, ce qui nous a réveillé, alors qu’on arrivait à 22H…

Xi’an est une grande ville très moderne que nous avons visité en vélo, avec de larges avenues remplies d'enseignes internationales (Nike, MacDo, Louis Vuiton et Cie...), et plein de voitures neuves. Le centre ville est entouré de remparts impressionnants (restaurés) qu'on a parcouru à vélo. On s’est régulièrement fait arrêter par des Chinois qui voulaient nous prendre en photo. C’était leur semaine de vacances et on devait faire parti du folklore local. Ensuite on s’est baladé dans les petites rues bondées du quartier musulman, lieu idéal pour manger plein de choses bizarres dans la rue (certaines étant beaucoup moins bonnes qu’elles n’en avaient l’air) ; puis on est monté dans la Tour du Tambour et la Tour de l’Horloge, qui sont 2 tours qu’on retrouvera dans de nombreuses villes et qui servaient à annoncer le début du jour ou de la nuit et manipuler les portes de la citée en conséquence.

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Le lendemain, nous sommes allés voir l’Armée des Soldats de Terre Cuites, une découverte archéologique majeure faite il y a à peine 35 ans : 3 grandes fosses remplies de Soldats en Terre Cuite de taille humaine réalisés il y a plus de 2000 ans pour accompagner dans la mort le Premier Empereur de Chine. A cette occasion, on s’est rendu compte que les chinois étaient vraiment nombreux et on a dû faire la queue un moment pour entrer dans le bus (mais on peut s’estimer heureux qu’il y ait eu une file d’attente, d’habitude, c’est plutôt la loi de la jungle pour ce genre d’opération). La plus grande fosse est impressionnante, elle contient une véritable armée en formation, avec des chevaux : 7000 bonhommes, dont les visages sont différents, regardant la même direction. On a l’impression que les soldats n’attendent qu’un ordre pour se lancer dans une bataille. Les détails sont hallucinants : finesse des cheveux, dessous des semelles, armures, rênes des chevaux... Seule une petite partie du site a été découverte et il reste encore de nombreuses fouilles à faire.

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Et puis on est reparti direction Shanghai, en train toujours. Les gares ressemblent à des aéroports, avec des salles d’attente pré-embarquement car on ne peut pas attendre le train sur les quais. Du coup, tout le monde se tasse et quand les portes s’ouvrent, tous les chinois se ruent créant une énorme cohue.

A Shanghai, nous avons trouvé un hôtel pas mal mais en périphérie de la ville, dans le centre les prix s'envolent. L'avantage c'est que - Expo universelle oblige - la ville a bien changé ces 3 dernières années et les nouvelles lignes de métro ont poussées comme des champignons. Le plan de la ville ne ressemble plus du tout à celui de notre guide et nous avons la bonne surprise d'être à côté d'une station de métro : il faut juste quelques minutes pour rejoindre le centre. On retrouve nos habitudes de parisiens...

Shanghai c'est tout neuf ! On a l'impression que la ville est très récente, les grandes avenues et les tours vertigineuses en verre occupent le paysage. Et il est quasiment impossible de ne pas être dans le champ de vision d'un MacDo ou d'un KFC. Après avoir parcouru l'ancienne concession française bordée de platanes et le quartier commerçant tellement illuminé qu'on se croirait en plein jour à la nuit tombée nous avons regagné nos pénates.

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Le lendemain nous sommes allés à l'exposition universelle. On avait pas du tout prévu d'y aller quand nous sommes arrivés en Chine mais difficile d'y résister : Shanghai est remplie d'allusions à l'expo. On sent qu'ils ont mis les moyens. Une fois à l'intérieur c'est la folie des grandeurs : le site est gigantesque, magnifique, impressionnant, ... les superlatifs manquent pour le décrire. Le pavillon de la Chine à lui tout seul est monumental. Nous avions vu la cérémonie d'ouverture à la TV quand nous étions dans les rizières en dos de dragon : je ne sais pas s'il y a eu des retransmissions en France mais le feu d'artifice était encore plus impressionnant que celui des J.O. Ils ne font pas les choses à moitié ces Chinois.

Pour ceux qui (comme nous avant) ne savent pas bien en quoi consiste une exposition universelle : chaque pays possède son pavillon et présente un aperçu de sa culture, ses technologies et si possible sa vision du thème de l'expo qui cette année est "better city, better life". Le site est également rempli de bâtiments thématiques (climat, pétrole, écologie, etc...).

Nous avons usé nos semelles et parcouru plusieurs pavillons dont la France, la Chine, L'Espagne, Tahiti, L'Islande, le Pérou, la Colombie, le Népal, etc... Nos choix portaient essentiellement sur les pavillons avec une queue raisonnable de touristes : il y a plein de Chinois et l'attente est parfois longue. L'observation des Chinois est également un régal : ce sont vraiment les "rois" de la photo. Ils photographient TOUT. Ils marchent dans les allées, l'appareil photo brandi à bout de bras et ils regardent les alentours via l'écran en appuyant sur le déclencheur à tout bout de champ. Dès qu'il y a un écran de TV avec un documentaire quelconque, tous les chinois sortent leur appareil photo et se mettent à mitrailler l'écran de TV ! Dans les salles de ciné à 360°, ils filment avec leur caméscope en faisant des tours sur eux même. Ça doit juste être impossible à visionner après coup sans vomir.

A la tombé de la nuit le site s'illumine et c'est encore plus impressionnant. Nous avons assisté à une démo de moines shaolin et un spectacle de son et lumière avec des jets d'eau complètement ouf.

Bref nous avons fini vers 22H épuisés et la plante des pieds douloureuse !

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Le dernier jour, on a fait le musée principal de la ville qui est super intéressant et qui contient de belles collections. On sait tout sur les vases Ming, la calligraphie, les sceaux, la peinture et les meubles chinois. Puis on s'est promené sous la pluie dans la vieille ville, dont l'architecture rappelle qu'on est en Chine. Mais encore une fois, toutes les maisons se sont transformées en magasins de souvenirs ou en restaurant, ce qui enlève un peu de charme à l'endroit. Toujours à pied, on est allé sur les berges du fleuve qui offrent une vue magnifique sur la skyline de la ville, toute éclairée. On a également assisté à un spectacle d'acrobates, réputé à Shanghai. On a été époustouflés par les numéros mais aussi par la mise en scène ultra soignée. On s'est retrouvé à retenir notre souffle ou fermer les yeux, tellement les acrobaties étaient risquées.

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Après 3 jours de marche non stop et plein de courbatures dans les jambes, on s’est dit qu’on appréciait vraiment cette ville. Mais encore une fois, pas trop le temps de s’attarder si on veut voir tout ce qu’on a prévu.

L’étape suivante a été Suzhou, une petite ville connue pour ses ruelles charmantes bordées de canaux et ses jardins, et comme elle n'est qu'à 80km de Shanghai beaucoup d'habitants aiment y passer le WE. Avec une telle description nous nous attendions à une petite ville mignonnette à la campagne... mais c'est la chine et la "petite ville" contient environ 6 millions d'habitants. La taille a beau être démesurée, la ville est effectivement charmante et reposante : des canaux partout, des maisons basses assorties, de la verdure, de jolis ponts, etc... En fait on se demande où habitent tous les gens...

La Chine a la réputation d'un pays en développement à la croissance excessive et dont l'écologie est le dernier des soucis ; pourtant toutes les villes que nous traversons laissent un sentiment bien différent : les routes contiennent systématiquement plusieurs voies (2 roues / bus / voitures), la quasi totalité des 2 roues est électrique, la circulation est assez faible et les gens roulent à allure raisonnable, les rues sont larges, les multiples espaces publiques sont très propres et on trouve partout des toilettes ou des poubelles avec bac de recyclage, il y a beaucoup d'artères piétonnières et d'espaces verts superbement entretenus, les toits des immeubles ou maisons sont équipés de systèmes solaires pour chauffer l'eau... Nous sommes loin d'avoir parcouru tout le pays mais ce que nous avons vu nous donne souvent l'impression que le pays est bien en avance sur notre vieille Europe ; certaines infrastructures sont vraiment astucieuses et mériteraient d'être copiées.

Points négatifs quand même :

- les habitudes des gens qui prennent souvent la nature pour une poubelle

- consommation énormissime d'emballages : les chinois ne mangent presque que des snacks, donc tout s'achète à l'unité dans une multitude d'emballages plastiques

- gaspillage de nourriture : c'est assez dingue mais les chinois achètent ou commandent toujours énormément de bouffe et donc ne mangent pas tout. C'est triste de voir les assiettes presque pleines partir à la poubelle quand les gens - qui semblent pourtant ne pas avoir beaucoup de moyens - quittent la table.

Nous avons profité de cette agréable ville pendant un bon 24H : visite de quelques jardins (qui sont plus d'anciennes maisons avec patios que des jardins fleuris), visite de pagodes, balades le long des canaux, location de vélos électriques et parcours des environs à la recherche du pont de la Ceinture Précieuse (édifice réputé mais qui s'est avéré bien décevant).

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On a rejoint Beijing en prenant le “TGV” version chinoise de nuit. Comme son nom l’indique, il a l’avantage d’être plus rapide que les autres trains, mais on dort sur des sièges inclinables.

A Beijing, les infrastructures pour les vélos sont gigantesques. Certaines "pistes cyclables" sont aussi larges qu'une autoroute française et occupent plus de place que les voies de voitures et bus. Et pourtant, ce n'est pas de tout repos de se balader dans Beijing en vélo. Les automobilistes et chauffeurs de bus les voient comme des véhicules non-prioritaires. On ne compte pas le nombre de queues de poisson qu'on nous a faites, ou le nombre de priorités qu'on a dû laisser à des voitures qui déboulaient devant notre guidon. En bref, il faut rester dans sa zone cyclable sans perdre en vigilance ni en concentration... On se sent sans cesse surveillé dans cette ville : pour accéder à la place Tienamen, il faut passer par des portiques rayons X souterrain. La place comprend de nombreux lampadaires qui sont là plus pour supporter les nombreuses caméras que pour éclairer la nuit. Et d'ailleurs, la nuit, la place est fermée au public... Sans compter la présence policière omniprésente. C'est en fait l'impression qu’on a pour la ville entière : elle n'appartient pas à ses habitants. Le moindre parc ou lieu qui peut être une attraction pour touristes est entouré de 4 murs avec une billetterie à l'entrée. Comme si pour aller pique-niquer au Champ de Mars il fallait payer l'accès... Et puis pas question de faire un pas de travers, les policiers ou "employés municipaux" sont partout. Il y en a un à chaque feu rouge, prêt à te dire que tu n'es pas dans la bonne file ou à te faire signe de t'arrêter si le feu est rouge. A se demander pourquoi ils ont investi dans les panneaux signalétiques derniers cris... Si tu arrives dans une rue piétonne à vélo, tu as tout de suite 2 gardiens qui te sautent dessus pour te demander de partir gentiment, même pas le droit de traverser la rue, le vélo à la main...

Mais pourtant, Beijing est quand même super sympa comme ville. TRES étendue, et avec de nombreux sites qui valent le détour. On a commencé par la place Tienamen et la Cité Interdite. La Cité est immense, ainsi que le nombre de Chinois... Chaque cours, quelque soit sa taille et sa fonction, est composée de 3 bâtiments rectangulaires alignés dans l'axe Nord-Sud, avec des noms à la Chinoise : le Palais de l'Harmonie Suprême, celui de la Pureté Céleste... qui ont abrité les empereurs successifs des dynasties Ming & Qing jusqu'à la révolution de 1911. C'est un plaisir de se balader quelques heures dans l'enceinte énorme. Le site est immense et le nombre de Chinois prêt à se battre pour regarder le trône par l'ouverture du Palais est toujours grandissant. On est donc ressortis de cette visite sur les rotules.

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Le lendemain, on a pris les vélos. Le contraste est énorme entre les boulevards gigantesques et les hutong, petites rues Est-Ouest qui quadrillaient Beijing. Avec la modernisation de la ville, accélérée par les JO en 2008, elles se font de plus en plus rares. On a visité le temple des Lama, le plus gros temple bouddhiste tibétain hors du Tibet. Les bâtiments sont encore une fois magnifiques et c'est assez surprenant de voir de jeunes filles en mini-jupe, les écouteurs sur les oreilles en train de faire brûler de l'encens et de prier face au Bouddha. On peut aussi faire sonner la cloche dans la cour si on paye, évidemment, en fonction du nombre de coups qu'on donne dans la cloche... L'atmosphère est bien loin de ce qu'on a pu voir au Népal. 

L'opéra, un bâtiment à l'allure futuriste.

Après avoir parcouru ce qu'on pouvait de la capitale à la force de nos jambes nous avons décidé de passer une journée sur la grande muraille. La grande muraille c'est évidemment "grand" - entre 6000 et 8000 km selon les différentes estimations - alors faute de temps on a décidé de ne faire qu'une partie. La grande muraille c'est également "vieux", plus de 2000 ans pour certaines parties alors il n'en reste plus grand chose.

Les options sont nombreuses au départ de Beijing : en gros on visite un tronçon refait à neuf, tout beau, avec téléphérique pour monter, toboggan pour redescendre, macdo pour se restaurer, et plusieurs milliers de touristes pour se divertir. C'était le week-end, la météo s'annonçait bonne, et en Chine cela signifie une marée humaine de chinois : cela ne nous disait rien ! Mais en discutant avec quelques backpackers autour de quelques bières nous avons appris qu'une gérante d'hôtel propose la visite d'un tronçon en ruines sans personne à côté de son village natal. "The Secret Wall" cela s'appelle et c'est ça qu'on a choisi.

Donc nous intégrons un groupe de 20 jeunes et nous voilà partis en bus aux aurores, enfin... aux aurores c'est difficile parce que le soleil se lève avant 5H00 du mat' ici (pas facile d'avoir un seul fuseau horaire pour un si grand pays) mais c'était quand même très tôt. En traversant la ville en bus on a réalisé qu'on en avait vu à peine 2% : Beijing s'étend sur des kilomètres et des kilomètres, c'est vraiment impressionnant. Sortir de la ville prend plus d'1H en roulant sur une espèce de voie rapide.

A cause de quelques bouchons vers la fin on a quand même mis 3H30 et on s'est retrouvés au milieu de nulle part accompagnés d'une petite vieille de 69 ans qui nous a dirigé sur de petits sentiers à travers la montagne. Le relief est assez prononcé dans cette région montagneuse et la muraille (plutôt ses restes) se dressait au dessus de nos têtes. Après 1H de marche on atteint enfin LE mur et on peut apprécier l'immensité de la construction : la muraille serpente le long des crêtes à perte de vue de chaque côté. Elle est en plus ou moins bon état par endroit (le tronçon doit avoir 300 ou 400 ans) mais nous sommes seulement 20 personnes à nous partager les kilomètres qui s'offrent à nous. C'est vraiment impressionnant. En fait le plus impressionnant c'est de trouver ça impressionnant alors qu'on a devant nous seulement 0.1% de l'édifice. C'est titanesque.

Le mur est toujours situé sur la crête la plus haute pour offrir une vue imprenable sur les vallées environnantes, elle suit le relief et du coup ça monte et ça descend quand même assez à pic. La parcourir n'est pas de tout repos et on se dit que ça n'a pas dû être facile de construire un tel mur si loin de tout et sur des reliefs si escarpés. Le mur n'est pas très haut (entre 3 et 5m) et il ne semble pas du tout imprenable mais son intérêt était surtout de pouvoir le parcourir facilement et de pouvoir communiquer les éventuels dangers grâce à des signaux de fumée (fait à l'aide de crottes de loup, ne me demandez pas où ils trouvaient ça...)

Après 2H de balade nous avons rejoint un petit village pour un repas bien mérité et pris la route du retour. C'est une superbe expérience - surtout du fait de la seule présence de notre petit groupe - mais la journée semble bien longue : pour seulement 3H de marche il faut se faire 7H de bus.

Le lendemain, nous avons attaqué notre dernière journée avant le départ de Chine. Malgré un réveil matinal, nous avons affronté d'autres touristes chinois bien plus matinaux que nous et visité le mausolée de Mao Zedong : plus d'une heure de queue pour passer environ 4 secondes devant le corps embaumé de l'ex-leader communiste chinois. On passe en file indienne et les militaires vous pressent pour garder la cadence : il est impossible de ralentir devant la célèbre dépouille. L'attraction était pour nous plutôt marrante mais l'instant revêt quand même une certaine solennité : le bâtiment imposant, les gardes, les chinois silencieux et admiratifs. On ne peut pas vous en faire profiter car il est évidemment interdit de prendre son appareil photo.

Après nous nous sommes baladés au grès des rues et des marchés pour finir dans un immense parc au cœur de la capitale. Le parc du temple du ciel, seulement 250 Ha : tout est démesuré dans cette ville. Les chinois apprécient vraiment les parcs et y pratiquent pas mal d'activités, c'est souvent un plaisir de les regarder ou de les accompagner. Cela va du plus joli (des passants qui chantent en cœur des chansons chinoises bien prenantes) au plus irritant (une petite vieille qui "chante" faux dans son micro) ou au plus drôle (une troupe de chinois qui danse n'importe comment sur une musique rythmée).

Le parc est tellement grand qu'on attrape vite mal aux pieds et pour récupérer on s'est fait un bon canard laqué ce soir, une des spécialité de Beijing. On a évidemment pris un canard entier qu'on s'est partagés : les "bons" morceaux sont apportés découpés en fines lamelles et le reste est mijoté dans une énorme soupe qu'on vous apporte également. Finalement c'est bien moins gros que nos canard du sud-ouest et on en est venus à bout assez facilement.

Voilà, le voyage en Chine s’achève ici. On serait bien restés un peu plus longtemps car on s’attache à ce pays et on est loin d’avoir tout parcouru !! Notre dernier avion qui nous a déposé au Cambodge remonte à 2 mois 1/2 et après tous ces kilomètres lentement parcourus en train et en bus on est quand même tout heureux de changer de pays en à peine 2H de vol !

Prochaine étape : le Japon en coup de vent !