New-Zealand, on the other side

Jeudi soir nous avons enfin mis les pieds sur ce petit bout de terre de l’autre côté du globe terrestre. C’est un pays comme les autres mais il revêt cette dimension particulière, un peu mystique, qui est qu’on ne peut pas être plus loin de chez soit. Alors on était curieux et excités en sortant de l’avion.

Première expérience : le Biosecurity check où on vous inspecte les traces de terre sous vos semelles et on essaye de vous voler vos paquets de gâteaux sous prétexte que c’est dangereux pour l’équilibre bactériologique du pays… on s’est juste fait confisquer un pot de miel, reste de nos petits-déjeuners camping d’Australie.

On sort donc un peu plus léger de l’aéroport et finalement il ne fait pas si froid, bien moins qu’à Sydney en fait, alors qu’on est un peu plus au sud.

La Nouvelle-Zélande compte à peine plus de 4 millions d’habitants dont plus d’un quart résident à Auckland. On s’en rend vite compte : il y a du monde partout, des bouchons sur la route, la ville est assez grande.

Nous avons filé chez des amis anglais qui habitent ici depuis trois ans. Ils ont une petit maison trop mignonne à deux pas du centre ville ; à peine arrivés ils nous ont montré la chambre d’amis : trop chouette, trop confortable, ça fait du bien de poser son sac dans un petit coin douillet. On a réussi à visiter la Sky Tower d’Auckland : la tour la plus haute de l’hémisphère sud. Ca ressemble un peu à une seringue hypodermique. Le reste de la ville n’est pas exceptionnel, mais l’eau est présente un peu partout et l’ambiance est très conviviale. La ville change de l’Australie, c’est un peu plus bordélique, un peu plus populaire. C’est moins joli mais on s’y sent plus à l’aise. Il y a une très importante communauté asiatique et lorsqu’on se balade en ville au milieu des enseignes chinoises on se croirait parfois revenus au pays du riz.

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Le vendredi soir, nos hôtes sont rentrés du travail en annonçant “faites vos sacs, on file à Waiheke Island !”. Prononcer “ouaille-iki”.

Oui on croise aussi des gens qui travaillent parfois.

Alors on a quitté Auckland sur un ferry pour explorer la terre des kiwis pendant un week-end, hébergés par des amis de nos amis dans des maisons de luxe.

On a ainsi passé le WE à alterner les balades sur les plages, sur les collines, sur les rochers, dans les vignes. Tout ça entrecoupé d’énorme fish‘n chips au bord de l’eau pour se ressourcer. On a eu droit à une super météo mais la mer est bien fraiche, dur d’y mettre un pied et je parle pas du reste.

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On a même réussi à trouver des crêpes au Nutella, un bonheur.

Il était ensuite temps de quitter la région d’Auckland. Après avoir loué une voiture nous partons pour la péninsule de Coromandel. On nous avait dit que la route était jolie. Mais on ne nous a pas dit que c’était magnifique : une petite route qui longe le bord de mer avec la falaise qui s’élève de l’autre côté et bordée d’une herbe verte ; une petite route qui serpente dans les collines, arpentées de centaines de vaches et de moutons, couvertes d’herbe verte.

Ca peut sembler inutile, pour des gens qui habitent en France (hors de Paris…), de dire que l’herbe est verte. Mais ici, en Nouvelle-Zélande, l’herbe n’est pas verte comme ailleurs. Elle est verte phosphorescente. Vert fluo. Vert pétant. Vert profond.

Pas facile à décrire, mais définitivement pas le même vert que mangent nos vaches normandes.

Du coup, on a fait la route en 3 fois plus de temps que prévu. On roulait à 2 à l’heure pour s’en mettre plein les yeux et on s’arrêtait dès qu’on trouvait ça trop beau pour prendre des photos, c’est à dire quasi tout le temps.

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On est arrivé au coucher du soleil dans une toute petite ville, Hahei, connue pour sa proximité avec Hot Water Beach, une plage réputée très dangereuse pour la baignade à cause de nombreux courants, mais son intérêt se trouve sur la plage à marée basse : des poches d’eau souterraines sont chauffées par du magma et l’eau brulante remonte en surface. Il suffit alors de creuser un peu dans le sable à l’endroit où l’eau arrive pour se faire une petite piscine toute chaude.

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Plusieurs méthodes pour repérer où sont les sources chaudes et savoir où faire sa piscine :

- avec les yeux, des petites bulles se forment à la surface du sable (photo en bas à gauche)

- avec les pieds, la plante du pied passe du gelé à l’archi brûlant

- avec les oreilles, un touriste se brûle la plante des pieds (cf. méthode n°2) et hurle

On s’est ensuite baladé sur la falaise, le long des criques, au fur et à mesure que le soleil chauffait. On a fini à Cathedral Cove, un petit coin de paradis : une crique avec ses rochers en arche, sa plage superbe et sa petite chute d’eau de source pour se rincer après la baignade.

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Notre étape suivante nous amène à Rotorua, au milieu d’un immense territoire à l’activité volcanique débordante qui sent le souffre, enfin l’œuf pourri. L’odeur n’est pas violente mais elle est partout dans la ville, et se manifeste plus fortement par moments.

Rotorua c’est un peu le temple du spa et du volcan. Les activités ne manquent pas et dès le lendemain matin nous sommes partis visiter un site volcanique qui propose geysers, lacs multicolores et émanations de souffre.

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C’est ça d’habiter au dessus de deux plaques tectoniques qui se rentrent dedans à longueur de journée…

Pour nous remettre de cette petite randonnée nous sommes ensuite allés nous jeter dans un complexe thermal : une source d’eau naturelle à 98°C qui est projetée en l’air sur plusieurs mètres pour la refroidir à environ 45°C. Plusieurs piscines sont proposées, dont les températures s’échelonnent de 42°C à 34°C.

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Pour finir on s’est refait un parc “volcanique” qui proposait une randonnée de 2H au milieu de nombreux volcans, lacs fumants, geysers brûlants, lacs aux couleurs improbables, … On se croirait dans un parc d’attraction mais c’est juste la nature.

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Les couleurs magnifiques des eaux et sédiments ne sont qu’une accumulation des pires produits toxiques (arsenic et Cie) que la terre rejette à longueur de journée. On n’a même pas envie d’y plonger ses doigts.

Voilà, on a dû quitter ce pays des merveilles pour continuer notre route vers le sud. Il y a plein d’autres choses qu’on aurait aimé faire – Rotorua est notamment connue pour être (je crois) le seul spot de Zorb au monde, activité qui consiste à rentrer dans une grosse boule transparente et à dévaler les montagnes en vomissant – mais le temps est compté… et payer pour être malade finalement c’est un peu stupide.

Nous avons roulé à bonne allure (90km/h, difficile de faire mieux en Nouvelle-Zélande) jusqu’à la pointe sud de l’île du nord – Wellington – confortablement accueillis chez de la famille de Manue.

Chaudement habillés, on est allé se promener le long de la côte vers les Red Rocks, des rochers où une colonie d’otaries a élu domicile. Elles sont bien camouflées dans les rochers mais on se rend compte de leur présence à l’odorat. La présence de l’homme n’a pas l’air de les déranger dans leur sieste.

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Comme en Australie, les musées sont gratuits, immenses et bien organisés. Alors on en a profité. Le musée national Te Papa accueille un Colossal Squid (mort, bien sur) : un calamar monstrueux qui fait 4 m de long et plus de 400 kg, pêché par erreur en Antarctique et il parait que ce n’est qu’un bébé…

Dans le même musée, on a appris un peu l’histoire des Maoris et découvert leur artisanat. Quand les anglais ont débarqué vers 1840, ils ont trouvé des Maoris organisés avec lesquels ils ont fait un traité. L’expo montrait les différences entre la traduction anglaise et Maoris. En gros, dans cette dernière, les anglais sont beaux et gentils et sont là pour les protéger. Dans la version anglaise, c’est moins rose et on sent qu’ils se sont fait avoir. Ce traité a surtout été écrit pour empêcher les français qui naviguaient aussi dans le coin de s’installer car il stipule que les Maoris ne peuvent vendre leur terre qu’à des sujets de la couronne d’Angleterre. Mais de toute façon, 20 ans après, les anglais leur ont piqué leurs terres, et les européens en s’installant ont introduit de nouvelles maladies, l’alcool, la drogue et les armes à feu qui ont décimé les populations autochtones.

Le soir, on s’est posé dans un bar pour voir les All Blacks battre les Springboks dans un match de haut niveau.

Pour notre dernier jour dans la ville on est allés se balader dans le Botanic Garden qui surplombe la cité. Ce n’est pas facile de se repérer dans Wellington, la mer est partout et c’est très accidenté, mais ça donne beaucoup de charme et d’espace à la ville.

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Le cable-car qui relie le centre des affaires au Botanic Garden.

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A gauche, le plus grand bâtiment en bois du monde. A droite, le “Beehive”, le parlement en forme de ruche.

Fatigué de toutes ces balades, on s’est posé au cinéma dans la salle qui a été entièrement refaite pour accueillir la première du Seigneur des Anneaux.

Ce week-end citadin marque la fin de l’île du Nord. Demain nous prenons le ferry pour passer sur celle du Sud. On the road again !

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