Tahiti et ses îles, attention les yeux…

Voilà, nous ne sommes pas géographiquement au bout du monde mais nous sommes à l’autre bout du fuseau horaire par rapport à la France.

Quand on prend un avion depuis la Nouvelle Zélande jusqu’aux îles, on décolle le jeudi après midi et on atterrit en Polynésie le mercredi soir. C’est la journée de vacances de rêve offerte, sur un an, c’est important !

Quand on arrive à l’aéroport il y a un groupe de jolis tahitiens qui joue du ukulélé pour vous accueillir et des jolies tahitiennes qui vous mettent des fleurs dans les cheveux et un collier autour du cou. On est arrivés de nuit mais on est vite dans l’ambiance, ça sent les fleurs de partout, la nature est superbe, et comme on a réservé une pension pas chère on se retrouve dans une chambre un peu pourrie mais pleine de charme.

Notre premier (et seul) jour sur l’île de Tahiti n’a pas vraiment été agréable : on a passé la journée à préparer notre itinéraire dans les îles. Au départ nous voulions prendre des cargos pour aller d’île en île mais la législation sur ces embarcations a été revue et ils ne prennent plus que 12 passagers ; le port nous a informé que les premières places disponibles étaient le 15 Aout… en désespoir de cause on nous a informé qu’on pouvait essayer de monter en clandestins en soudoyant le capitaine mais avec le risque de rester coincés sur une île plusieurs jours à attendre un bateau qui accepte. Donc on s’est rabattu vers l’option qui coute cher : le pass en avion qui permet de visiter toutes les îles. Et comme on avait envie de voir plein de  choses on a pris le pass le plus cher. Et comme en voulant acheter notre pass on nous a informé que certains avions étaient déjà plein on a été obligés d’acheter en plus quelques places de ferry pour faire en bateau certains trajets qu’on aurait pu faire en avion. Bref ce fut un peu pénible, accrochés aux cabines téléphoniques publiques et à parcourir la ville dans tous les sens, mais à la fin de la journée nous avions décidé de notre parcours et avions nos billets en poche ; et les multiples traversées de Papeete nous ont permis de voir la ville :

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L’arrivée à l’aéroport avec le smile et l’hôtel de ville (enfin du français, wouhou !)

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Des musiciens dans la rue et le marché de Papeete, plein de citrons vert, d’ananas et de poissons.

Seul regret : partir aussi vite de l’île de Tahiti, la plus grande, alors qu’il y a plein de choses à y faire. Mais on ne peut pas tout faire et dès le lendemain nous prenons le bateau pour Moorea.

Moorea, la petite soeur de Tahiti, comme les gens disent. A 30 min de ferry de Papeete. On a pris le bus (à prononcer à l’américaine : le BEUSSE) qui nous a déposé au Camping Moorea. Sans même prendre le temps de poser nos sacs dans notre chambre spartiate, on est allé voir ce que donnait le bord de mer. On est resté bouche bée devant ça :

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Et après 2 min, ça donnait ça :

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Nos activités principales pendant 3 jours ont été le kayak, la marche en bord de lagon et le vélo. On s’attendait bien à ce que ce soit joli, mais franchement, ça a dépassé de beaucoup nos attentes, c’est même difficile à décrire. C’est comme sur toutes les cartes postales ou les couvertures de magasines d’agences de voyage, mais en beaucoup mieux, parce que ce n’est pas une image fixe, mais partout autour de nous : dans l’eau, dans les montagnes, à l’horizon…

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Autre activité : les couchers de soleil, en buvant des Ti-punch et en discutant avec Joël, le polynésien qui nous a expliqué comment marchaient les îles.

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Et surtout, SURTOUT, le coin des raies.

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Adrien était un vrai poisson dans l’eau avec les raies qui lui montaient dessus. Il avait acheté du poisson sur la route pour les nourrir, ce qui lui assurait la côte auprès de ses nouveaux amis. Il nageait avec elles, dans l’eau limpide. Un vrai coin de paradis sur terre !

Pour ma part, je n’ai pas connu exactement la même histoire d’amour. Après une 1ère minute de panique quand 3 raies essayaient de me monter dessus, je suis tranquillement remontée sur le kayak et j’ai regardé ces spécimens de haut…

Il y avait aussi quelques requins de récifs qui slalomaient parmi les touristes… Moi, j’étais toujours aussi bien dans mon kayak !

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Après notre (trop) court séjour sur Moorea nous repassons par Tahiti pour nous envoler vers Huahine.

A Moorea nous avons en fait eu beaucoup de chances : bien que nous ayons séjourné dans la chambre la moins chère de l’île (et probablement de toute la Polynésie) nous étions dans un endroit génial, proche des commerces et surtout face à une superbe plage et à quelques mètres des lagons aux milles teintes de bleus et des motus paradisiaques. Les motus ce sont les petits îlots, en général pas (ou peu) habités, qui entourent l’île principale nommée l’atoll.

A Huahine il y a très peu de plages alors nous devons faire face à la dure réalité de la Polynésie : une eau sombre qui clapote le long d’une berge sans plage… Pour accéder au paradis il faut prendre le bateau et voguer vers les motus. Nous séjournons cependant dans une petite pension charmante tenue par un couple (Polynésien-Française) gentil comme tout : ils nous amènent volontiers en voiture si on a besoin d’aller quelque part et des kayaks et vélos sont à disposition. Alors voilà, on fait du kayak et du vélo et on visite les environs :

- une ferme perlière où on apprend comment sont faites les perles noires (ou moins noires) de Tahiti. La personne qui met le noyau et le greffon dans l’huitre travaille à une vitesse impressionnante avec une précision chirurgicale. Il y a évidemment beaucoup de bijoux à acheter et quand les perles sont quasi-parfaites, les prix s’envolent.

- une rivière où logent d’énormes anguilles sacrées aux yeux bleus, l’activité principale consistant à leur donner à manger des sardines qu’on peut acheter à la supérette qui a bizarrement ouvert ses portes à 2m de là.

- La cité de corail : un lagon de sable parsemé de rochers recouverts de coraux et de petits poissons multicolores. Il y a énormément de courant alors c’est quand même un peu galère de pagayer jusque là mais le retour se fait tout seul.

- La ville de Fare – ville principale – à 10km de là où nous logeons. La route en vélo est magnifique, partout des enfants qui jouent et qui nous ont aidé à regonfler nos vélos, partout une belle vue sur les motus et le lagon qui entourent l’île.

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Pour notre deuxième jour sur l’île nous avons loué un petit bateau et nous sommes partis faire le tour du lagon. Il y a beaucoup de rochers qui affleurent et se faufiler en bateau, aussi petit soit-il, pour atteindre une plage relève du défi. Mais on a trouvé des beaux coins de paradis et la journée est passée toute seule. La mer était assez agitée et le vent soufflait assez fort et on a aussi bouffé du sel pour rallier notre pension.

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10 min de vol exactement nous ont conduit de Huahine à Raiatea. On aurait presque pu le faire à la nage. Cette fois-ci, on s’est mis du bon côté de l’appareil, et on a pu admirer de haut les lagons de Raiatea et Tahaa, sa sœur jumelle qui partage la même barrière. On peut s’en douter, le tarmac de Raiatea n’est pas gigantesque. On a atterrit à côté des pêcheurs et des touristes sur la plage avec Bora-Bora et un coucher de soleil en toile de fond.

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Après avoir attendu vainement que les gens de notre pension viennent nous chercher à l’aéroport comme convenu, on a testé ce qui sera notre mode de transport exclusif sur cette île : l’auto-stop. Au bout de 5 min, une jeune étudiante de l’île nous a pris dans son gros pick-up. Bien sympa. D’ailleurs, à chaque fois qu’on a fait du stop ici, ce sont toujours des femmes qui nous ont prises. Les hommes, seuls dans leur grande voiture ne s’arrêtent pas…

On commence à avoir l’habitude que les gens qui tiennent les pensions nous oublient. A chaque fois, soit ils pensaient trouver une personne seule, soit ils avaient complètement oublié notre réservation, soit ils pensaient qu’on arrivait à une autre date… L’organisation n’a pas l’air d’être le fort des gens d’ici, du coup, on essaye de rappeler la veille avant d’arriver dans une nouvelle pension pour voir si tout est encore OK. Mais comme le tourisme a l’air d’être en chute libre depuis 2 ans, la plupart des pensions sont toujours à moitié vides.

A notre arrivée, on s’est organisé une plongée pour le lendemain dans la pass de Teavapiti, connue pour sa forte densité en poissons. Une pass est un passage profond dans la barrière et souvent entre 2 motu où il y a un fort courant (entrant ou sortant, selon les marées). Le courant apporte de la nourriture qui attire les poissons.

On s’est réveillé le lendemain matin sous la pluie qui nous a démotivé de faire la balade qu’on nous a recommandée. Du coup, on a glandé au bord de la piscine, sous le soleil qui est revenu en attendant l’heure de la plongée.

Pour plonger ici, on met un shorty de 1 mm (jamais vu une combi aussi fine). Y’en a même qui plongent juste en slip de bain, la classe internationale ! Pendant les premières 5 min, j’ai été complètement déstabilisée par le courant qui nous emportait rapidement. La méthode est de s’accrocher à tout ce qui te tombe sous la main pour se retenir dans un sens ou s’aider à avancer dans l’autre. Faut quand même faire attention, il y a plein d’oursins cachés dans le corail. Pour moi qui ne touche jamais rien en plongée pour ne rien abîmer, ça m’a fait mal au cœur de m’accrocher à des bouts de corail et d’en casser plein de morceaux… Mais il parait que c’est la seule méthode de plongée par ici. Heureusement qu’il n’y a que 2 clubs de plongée sur l’île… La plongée a été riche en poissons et en couleurs : entre les petits noirs et jaunes qui nagent à 2 cm du masque, des bancs énormes qui nagent contre courant pour manger, quelques requins qui sont venus voir ce qu’on faisait, des poissons napoléons avec leurs lèvres énormes. Superbe !

Ca a été notre seule activité sur Raiatea, car le lendemain on s’est levé sous un temps pluvieux qui a duré toute la journée.

L’étape suivant a été Maupiti, où nous sommes arrivés sous une grosse averse…

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L’île qui se dessine à l’horizon… derrière le rideau de pluie

Notre pension s’appelle “chez Manu”, Manu c’est une grosse mama polynésienne avec un gros smile accroché en permanence au milieu du visage. Dans la pension il y a également une famille Polynésienne de Tahiti qui passe une semaine de vacances ici : les parents, les enfants et le tonton, tous super sympa, et ça fait assez ambiance locale avec les odeurs de friture de poissons au petit déj’, la bière dès 11H et le ukulélé avec tout le monde qui chante à n’importe quelle heure de la journée. A peine arrivés, Marcel (le pater familias) nous a prêté des lignes de pêche et on a péché 1/2H depuis la berge qui borde la pension. On a attrappé quelques petits poissons qu’on nous a aidé à préparer à la mode locale : dans 3L d’huile de friture. Mais que c’est bon de manger des poissons tout frais !

Le lendemain on est un peu fous, on part se faire le tour de l’île à pied. Ca se résume à 3H de marche sous la pluie pour parcourir les 10km du tour de l’île.

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Mais l’île est belle, on voit des fleurs, des crabes, des gens souriants sous la pluie, et le lagon dans la grisaille qui semble avoir du gros potentiel alors on est heureux. L’après midi se passe plus ou moins enfermés dans notre chambre en entendant la pluie qui tombe, puis qui finalement se calme alors Adrien retourne taquiner le poisson avec Marcel et Jacky pendant que je sympathise avec la petite Merahi.

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Ils pêchent avec des espèces de mollusques-coquillages qui macèrent dans un bol au soleil, assez répugnant. A un moment donné, Manu (notre hôte) nous rejoint, regarde dans le bol, attrape une poignée de cette infâme nourriture pour poissons et… la mange. Hum…

Le soir même a lieu la grosse soirée du samedi soir : pendant tout le mois de juillet, les Polynésiens célèbrent quelque chose, en tout cas c’est ce qu’ils disent car personne n’a été capable de nous expliquer ce que représente cette fête. Mais concrètement, les hommes sont ivres morts tous les soirs de WE. Et quand les Maupititiens font la fête c’est pas pour rigoler ! Pendant ce temps les femmes papotent. C’est assez drôle comme ambiance, tout le monde vient nous parler, ils tiennent à peine debout et on fait connaissance avec la population locale.

A chaque fois qu’on a demandé à quelqu’un ce qu’il faisait comme métier, la personne nous a répondu “ohhh moi tu sais, je fais pas grand chose, je profite, …”. On ne sait pas bien comment ils vivent, mais ils vivent. Bref c’est le festival de la classe internationale : la soirée s’est finie en “boite de nuit”, un danse floor improvisé entre 4 murs de feuilles de bananier, sous un stroboscope et une lumière noire, avec un DJ qui alterne entre la compagnie créole et des vieux tubes de techno commerciale des années 80. Les hommes continuent à boire avec bon goût : directement au goulot d’une bouteille en plastique d’1,5L remplie de bière, ou encore mieux, la brique d’1L de vin rouge à la main et qu’on-boit-directement-comme-ça-sans-le-verre-en-s’en-mettant-partout… C’est le festival de celui qui finit le plus ivre, mais ils sont tous super gentils et on s’est bien marrés.

Il faut croire que la Compagnie Créole a chassé les nuages parce que dimanche il a presque fait beau. On s’est loué deux vélos et on est partis explorer Maupiti sous le soleil cette fois, direction la seule plage de l’île.

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Sous la pluie c’était beau mais au soleil c’est juste une carte postale. Dur de retranscrire la beauté du lagon : 1m d’eau bleu turquoise qui s’étend entre l’île principale et le motu qui borde le lagon, c’est plein de raies et de massifs coralliens isolés (des “patates” comme ils disent ici) remplis de poissons multicolores. Dans l’eau il y a une visibilité incroyable, même avec nos vieilles lunettes de natation on a l’impression de voir à l’infini… Bref c’est beau quoi. Et on a profité de ce coin de paradis toute l’après midi avant de retourner pêcher avec nos amis Marcel et Jacky en fin de journée. En rentrant on a refait le tour de l’île en vélo, c’est tout petit, c’est tout mignon, tout le monde vous dit bonjour partout.

Lundi aux aurores on a enfin trouvé le courage de se faire LA balade de l’île pour atteindre le sommet à 380m et des brouettes. Ca monte sec et ça glisse pas mal vu qu’il a plu pendant la nuit mais la balade est courte et en haut la vue est encore plus belle que ce qu’on imaginait.

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L’après midi nos compatriotes de pension s’en sont retournés chez eux, à Tahiti alors on a eu droit à des adieux déchirants avec des guitares et des ukulélés qui alternaient des superbes chansons locales et du Francis Cabrel ; et il y avait aussi des litres de bière du côté des Polynésiens.

Pour notre dernier jour ici nous avons droit au gros beau temps sans vent et nous sommes partis pour une plongée sur une station de nettoyage de raies Manta. C’est un petit récif corallien (une “patate” donc) au dessus duquel les raies font la queue pour se faire nettoyer quelques minutes par les poissons du récif. C’était féérique : cinq ou six énormes raies qui volaient au dessus de nos têtes, à quelques centimètres de nous. On avait le cul sur le sable par 8m de fond, bien lestés avec du plomb et on a observé ce balai pendant une heure. On a aussi eu droit à une raie grise et un petit requin de récif mais c’est du menu fretin par rapport aux Mantas.

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Cette plongée a clos notre séjour dans cette île. On a pris le bateau pour rejoindre Bora-Bora à quelques kilomètres seulement.

On s’était posé la question s’il fallait aller à Bora-Bora, partagé entre le sentiment d’aller dans une île dénaturée par le tourisme de luxe et l’envie de voir ce lagon si réputé. Bora, la perle du Pacifique… Et finalement, on s’est dit que c’était une étape qu’on ne pouvait pas louper.

On est arrivé sur Bora après 2h de traversée pas très agitée, mais qui ont quand même fait vomir quelques personnes. La 1ère bonne surprise a été la pension : une grande maison mignonne et cosy, bien entretenue et bien décorée, avec une chambre  confortable et de jolie parures de lit, qui donne sur une plage avec transats et kayaks à disposition. On sent que le standing de Bora est plus haut que celui de Maupiti !

Le lendemain matin, les dieux étaient avec nous : pas un pet de vent, du soleil et un lagon calme, sans vague. On a sauté dans le kayak équipés de crème solaire, de pain et de poissons. On s’est baladé toute la matinée dans le lagon qui est VRAIMENT magnifique (on sait, on n’arrête pas de dire que tout est beau, très très beau, sublimissime, mais là c’est le plus beau des lagons qui existent. Le summum ! Un mixte entre une piscine géante cristalline et un aquarium saturé de poissons…). On a fait un stop dans le Jardin de Corail, un endroit connu pour faire du snorkeling facile au milieu des poissons multicolores.

Pas facile de prendre des photos de nous, les poissons nous volent toujours la vedette.

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Après quelques coups de pagaies supplémentaires qui nous ont fait passer entre des petits motus et amené quasi jusqu’à la barrière de l’île (là où les vagues se cassent), on a atterrit en plein milieu de nulle part et seuls au monde sur le spot des requins et des raies. Et il y avait des requins et des raies à la pelle.

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Les requins en bon nombre faisaient littéralement une ronde autour d’Adrien et du kayak, et même quand on sait qu’ils ne sont pas censés attaquer l’homme, on ne fait pas le malin. Du coup Adrien a pas pu trop jouer avec ses amies les raies, mais le spectacle était magnifique. J’oublie de mentionner aussi tous les poissons jaune et noir qui nageaient au milieu de tout ça.

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Après avoir étalé la 15ème couche de crème sur nos frêles peaux bronzées, on est reparti vers l’atoll.

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Le lagon de Bora. Si on ne voit rien sur la photo, c’est normal. Le lagon de Bora est translucide. On a même l’impression que le kayak flotte entre le ciel et la mer…

Sur le chemin du retour, on a croisé une raie aigle, on l’a suivie en faisant des ronds dans l’eau pendant un bon moment.

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Nous sommes revenus à notre pension pour passer l’après-midi là : repas paradisiaque, polar sur le transat pour moi et pêche à la ligne à bord du kayak pour Adrien, qui a ramené 3 rougets barbés.

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Les petits bungalows, à 10 m de notre plage privée sont à 700€ la nuit…

 

 

 

 

Une journée juste complètement parfaite qui finit en beauté par un coucher de soleil sur la plage publique de l’île, du poisson pêché, grillé et préparé par mon pêcheur préféré.

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La conclusion de la journée est qu’il faut aller à Bora, et ne pas faire l’erreur comme nous : y rester plus qu’un jour…

On est donc repartis dès le lendemain, et on a changé d’archipel : on quitte les Sociétés pour les Tuamotus. Ici les atolls n’ont pas du tout la même morphologie : il n’y a pas d’île principale mais plein de petits motus qui s’enchainent le long de la barrière de corail et entourent un immense lagon. C’est peut être pas très clair.

Attendez :

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                   Archipel des sociétés    -    Archipel des Tuamotus

Sinon Google Earth ça marche aussi.

Donc on est au bord d’un immense lagon de plusieurs kilomètres et encerclé par plus de 250 petits bancs de sable blanc et de palmiers. Beaucoup disent que c’est la plus belle piscine du monde, nous on doit relativiser, certes c’est joli mais la grande taille du lagon tue un peu le charme – c’est plus une mer intérieure qu’un lagon – et l’eau n’est pas aussi claire qu’à Bora ou Maupiti. Par contre les plages sont inégalables.

Un seul des motus est habité, le village se compose de quelques maisons disséminées au milieu des palmiers, il n’y a aucune montagne pour accrocher le peu de nuages qui passent alors il fait assez chaud la journée, les habitants sont allongés à l’ombre des massifs d’arbres en fleurs ou derrière une fourgonnette. Le temps ne passe pas très vite… Il n’y a que 4 pensions sur l’île, aucun restaurant ou snack, une seule épicerie avec 3 étagères alors la seule façon de se loger est de prendre une demi-pension et de grignoter une noix de coco le midi. La formule coûte quand même très très cher, toutes les pensions proposent grosso modo les mêmes prix, alors comme on n’a pas le choix on fait comme tout le monde et pour une fois on profite de vivre dans le luxe, dans un bungalow au bord de l’eau.

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L’accueil indémodable avec un collier de fleurs à l’aéroport et notre bungalow au bord de l’eau

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La vue de la plage depuis notre bungalow

Hier après midi on a profité de la plage et de notre terrasse. Au bord de l’eau de nombreux requins pointes noires sillonnent les vaguelettes, leur aileron bien visible à la surface de l’eau. Ils viennent jusqu’au bord du rivage dans 20 cm d’eau.

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Le lendemain nous sommes partis pour une plongée dans la pass de Tuheiava. Le commandant Cousteau aurait dit de cette pass qu’elle contient la plus forte densité de poissons de tous les atolls de la planète, alors forcément on ne pouvait pas éviter cette sortie. On a commencé par faire 2 spots de snorkeling : à 9H dans le lagon au milieu des raies Manta, des poulpes et des myriades de poissons, à 10H30 à l’extérieur du lagon dans une eau transparente au milieu des requins, des thons et des coraux et enfin la plongée dans la pass, on a vu un gros requin pointes blanches, des thons, des centaines de carrangues, et des poissons à ne plus en pouvoir. C’était une plongée dérivante, on volait littéralement, à toute vitesse à 25m au fond de la pass, portés par le courant ; au dessus de nous des cargos quittant Tikehau faisaient résonner l’océan et vibrer tout notre corps. Extraordinaire !

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Ensuite pour s’occuper on a fait le tour du motu en vélo, seulement 9km, d’un coté l’océan avec le Pacifique qui vient se casser les dents sur la barrière de corail, de l’autre le lagon avec ses plages de sable blanc et une eau turquoise. Il n’y a vraiment pas grand chose sur le motu, les maisons sont sommaires, on est loin de tout.

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Pour éviter que tout notre budget passe sur cette île, on doit déjà la quitter le lendemain. En plus, notre dernière étape Polynésienne est l’atoll de Rangiroa, réputé comme le meilleur spot de plongée au monde pour voir du gros.

Rangiroa c’est fort joli, certes un peu moins beau que Tikehau ; c’est le deuxième plus grand atoll de la planète alors on est perchés sur un des je-ne-sais-combien de motus qui forment l’atoll de plus de 50 km de diamètre. Les plages ne sont pas faites de sable blanc mais de petits bouts de coraux morts, tant qu’on porte des tongs on ne voit pas trop la différence. Notre pension est plutôt une bonne surprise : basique mais face au lagon, bercée par le bruit des vagues.

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La vue sur le lagon depuis la chambre. La plage est faite de coraux morts : l’atoll ne peut exister que grâce à la barrière de corail qui l’entoure, plus de corail et l’atoll disparait en quelques années.

Rangiroa donc, on y vient pour plonger, avec un grand P. Ici c’est le royaume du gros poisson, le but n’est pas l’observation des coraux ou des poissons clowns. Alors on a fait quoi ? On a plongé, à peine arrivés on a enfilé des combinaisons et on est partis avec Yves Lefevre, un biologiste assez connu qui plonge ici depuis qu’il est né. Il a connu Cousteau, a découvert tous les sites de plongée de la Polynésie et ce type est une encyclopédie de la vie sous-marine c’est un régal de l’écouter. On a commencé par la “Sunset Dive”, une plongée en fin d’après midi donc où on a en général la chance de voir les gros poissons manger les petits. On se jette à l’eau et de suite on rentre dans un univers indescriptible : on se retrouve dans le grand bleu, dans une eau magnifique, d’un bleu profond et sombre, avec autour de nous uniquement du vide. On distingue des requins énormes dans le noir abyssal au dessous et quelques poissons superbes qui nagent devant votre masque. Dur à décrire sans photos. Au bout de quelques minutes on rejoint le récif où nous attendent les énormes poissons napoléons, les poissons de récif de partout, les tortues gigantesques, les petits requins, les thons, les barracudas. Un émerveillement… Puis soudainement tous les plongeurs se mettent à palmer comme des fous vers le large, vers le grand bleu, nous, on comprend pas bien pourquoi mais on fait comme tout le monde et on tombe nez à nez avec des dauphins. On n’avait pas fait attention mais en fait on les entend très bien sous l’eau, ça fait un bruit de sonar assez puissant, facile de savoir s’ils sont dans les parages. Les dauphins c’est quelques chose : ça joue vraiment avec vous, il suit vos mouvements (tête en bas, tour sur lui même, …), toujours le sourire version dauphin et un œil qui vous regarde attentivement. C’est grandiose. Les dauphins sont sacrément balèzes, environ 3m et les plongeurs paraissent tous petits à côté d’eux ; et pourtant un sentiment de douceur et de grâce incroyable se dégage. Le balais a duré une quinzaine de minutes, WOAW. WOOOAAAWWWW !!

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Deux Japonais qui plongeaient avec nous et qui étaient équipés comme des dieux ont eu la gentillesse de nous passer quelques photos.

Le reste des poissons, aussi exceptionnel soit-il, parait assez fade après cette rencontre. Yves nous a expliqué que c’est a priori le seul endroit de la planète où une interaction de ce type a lieu. Les dauphins croisant des plongeurs ne s’intéressant habituellement que quelques secondes avant de continuer leur route, ici ça peut durer des heures. Pour lui la rencontre avec les dauphins a commencé timidement il y a plus de vingt ans et chaque année c’est de plus en plus intime. Il parait que ce soir c’était particulièrement bien alors on était tous contents ! Notre guide est assez réservé sur cette relation plongeur-dauphin, déçu que beaucoup de plongeurs s’accrochent en grappe aux mammifères et en même temps impressionné que certaines femelles allaitent leur petit au milieu des plongeurs, ultime gage de confiance signifiant que la présence humaine ne les trouble pas.

A peine sortis de l’eau on voulait y retourner. Donc le lendemain matin on a remis ça, pas de dauphins mais à nouveau une plongée riche en émotions ; et le soir on a refait la Sunset Dive : Yves nous explique qu’on approche de la nouvelle lune et qu’il pense qu’à la tombée de la nuit on aura potentiellement la chance d’assister à la reproduction des poissons chirurgiens. Il nous explique en quoi ça consiste, les signes annonciateurs et on monte sur le bateau. Dès qu’on se jette à l’eau un dauphin vient s’amuser avec nous quelques minutes, à nouveau génial, puis on assiste à la reproduction des chirurgiens, comme prévu. Les poissons sortent du récif en nombre hallucinant, on a l’impression que tout le récif se recouvre de poissons qui vont un peu dans tous les sens pour déstabiliser les prédateurs. Le but du jeu est de bien les observer pour deviner où va avoir lieu la reproduction et être aux premières loges. On les suit de près et tout à coup les chirurgiens se mettent à faire des aller-retour verticaux hyper rapides pour lâcher leurs œufs et leur semence dans le courant pendant que les gros prédateurs profitent de ce manque d’attention pour attaquer ou manger les œufs. Alors bon, y a tellement de poissons qui s’y mettent que l’eau se trouble rapidement mais c’est vraiment impressionnant à voir. Pour finir la plongée en beauté on ré-entend le sonar des dauphins qui résonne dans l’océan : un gros groupe de dauphins revient nous voir un bon moment. Cerise sur le gâteau : à la dernière minute une raie Manta passe devant nous. Cette île est phénoménale !

Si on voulait être un tout petit peu râleur, on pourrait dire qu’on n’a pas vu de requins marteau et d’espadons voilier qui sont pourtant monnaie courante dans ces plongées…

On aura pas fait grand chose d’autre sur cette île, mais on aura bien profité des 4 plongées qu’on a faites. Dans notre petite pension on était également avec d’autres français très sympas avec qui on s’est bien marrés. Ce fut une halte sympathique. Le motu sur lequel se trouve le village est assez grand – 13km de long pour quelques dizaines de mètres de large environ – et c’est tout mignon si on ferme les yeux sur les quelques détritus qui trainent dans les coins isolés.

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La rue principale dans le centre du village

On a quand même aussi tenté le snorkeling dans la passe de Tiputa mais il faut reconnaitre que ça ne vaut pas la plongée. En plus ils vous obligent à vous habiller de façon ridicule…

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Et on a visité la ferme perlière de l’île : les locaux travaillent vite pour ouvrir les huitres et récupérer les perles, c’est beau à voir et c’est toujours aussi cher à l’achat. Une grosse perle quasi parfaite se chiffre à plus de 5000€.

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Et puis il a fallu retourner à la case départ. Retour là où tout a commencé 3 semaines plus tôt, à l’aéroport de Papeete. On quitte les cocotiers, on quitte l’archipel des Sociétés et celui des Tuamotus. On quitte nos amis les bêtes sous-marines. On quitte tout simplement ces fabuleux lagons. Les vacances sont terminées, le vrai voyage recommence. Sac à dos sur le dos, visites à n’en plus finir…

On repart quand même avec des images plein la tête, et notamment les dernières images aériennes en quittant Rangi.

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A gauche, la passe de Tiputa à Rangi où on a plongé. A droite, l’autre bout de l’atoll de Rangi et ses sables roses.

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Un petit atoll dans l’archipel des Tuamotus. Il n’y a pas de passe !

1 Response
  1. Unknown Says:

    Ho mon dieu...Le choc va etre terrible à votre retour en France!!! :-D

    En tout cas merci de nous faire profiter de votre voyage :-))))

    Et surtout profitez en un max!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Fred (celui avec la barbichette tressée) en direct live de chez GE