Equateur, en route vers le Sud

Baños est une ville au pied d’un volcan très actif, le Tungurahua qui crache de la fumée et du feu tous les quelques mois. Nous on est tombé dans une période de repos. C’est une ville également connue pour ses sources chaudes et son placement près de montagnes recouvertes de jungle, de gorges et de rivières profondes qui offrent plein d’activités en extérieur comme le rafting, le canyoning, les balades dans les cascades… C’est une destination favorite pour les habitants de la capitale le week-end.

Sous un ciel gris, nous sommes partis en vélo faire la route des cascades, une route très touristique que l’on peut faire aussi en moto, en buggy, en voiture ou en chivas (un bus ouvert sur l’extérieur. Non, pas comme les bus de Londres, mais plus comme une grande charrette avec des bancs en bois). La route est en grande partie dans le sens de la descente, ce qui lui garantit son succès auprès des cyclistes du dimanche, comme nous. Par contre, c’est la même que celle qu’empruntent tous les camions, bus et pick-up et des fois, on a eu l’impression de faire du vélo sur une nationale. Mais sinon, c’était tranquille et agréable. Les premières cascades qu’on a croisées étaient visibles de loin. On pouvait s’en approcher au moyen d’une nacelle montée sur câble et motorisée grâce à un reste de camion. Un espèce d’œuf local, ayant un très grand succès auprès des touristes équatoriens qui aiment pousser de grands cris une fois qu’ils sont dedans. Chaque cascade a au moins ses 2 ou 3 nacelles.

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Les 2 dernières cascades qu’on a faites sont accessibles, et on a pu approcher un peu ces hautes waterfalls.

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Et pour rentrer ? Rien de plus simple. Tu attends 5 min sur le bord de la route et soit un bus va te prendre et charger le vélo sur le toit, soit, comme nous, on charge tout dans l’arrière d’un pick-up pour rentrer en ville et être aux premières loges pour profiter du spectacle dans le sens inverse !

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Le lendemain, rafting ! Attention, ici ce n’est pas la Drôme ou sur l’Ardèche, ce sont de vrais rapides de catégorie IV. Heureusement, on nous explique tout avant sur la terre ferme et on s’entraine pendant une bonne demi-heure à gratter les cailloux. Du coup on est déjà crevé quand on va à l’eau. 

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Dès les premières secondes, on se retrouve dans des rapides.

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On se retrouve dans des creux énormes, des tourbillons, des vagues qui passent par dessus le raft dans tous les sens. L’avant du raft est complètement hors de l’eau toutes les 3 secondes : un coup sur deux on pagaye une eau violente aussi dure qu’un mur de béton et l’autre coup on se retrouve à pagayer l’air sans aucune résistance, ce qui nous fait perdre l’équilibre. C’est la débandade totale, tout le monde se prend des grosses vagues, le temps de retrouver la vue on rate 3 coups de pagaie et on fait des moulinets n’importe comment dans l’air… Ca dure 1H30 environ. Au final on ne se sera pas renversés et on se sera bien marrés.

Nos derniers moments à Baños ont été assez tranquilles. Nous avons essayé les bains thermaux de Baños, trop peuplés.

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Sur le chemin du retour on s’est arrêté au marché central pour nous sustenter. Nous avons franchi le pas et goûté au Cuy. Le Cuy est un cochon d’inde finement rôti au BBQ… On s’est rappelés toutes les pauvres bêtes qu’on avait vu au marché de Saquisili et on les a retrouvé sans les poils.

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Ca coute 10$ la bestiole, un repas de fête pour les Equatoriens, on a pris juste un petit morceau. C’est TRES surprenant puisque ça a une odeur et un goût de poisson, une consistance de poulet, une peau grillée un peu dure mais pas mauvaise. Bizarre...

On a quitté Baños en bus de nuit pour aller sur la cote. Arrivés à Mantañita, on a réservé un tour pour aller sur la Isla de Plata, le “Galapagos du pauvre”. L’île fait parti d’un parc national et est inhabitée. Comme il y a des baleines à bosse dans le coin qui ont terminé leur migration hivernale et s’arrêtent sur la côte équatorienne pour faire des petits, on a pris un tour qui fait d’un pierre 2 coups.

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Notre capitaine, nous a facilement trouvé le premier trésor de la journée :

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3 baleines, dont un petit nous faisant un ballet : quelques sauts, du dos crawlé, mouvement de queue… On regarde émerveillé ce show pendant une vingtaine de minutes, jusqu’à ce qu’elles nous abandonnent. Arrivés sur l’île, il commençait à faire très chaud. On a eu beaucoup de chance d’avoir du soleil car on nous a dit qu’en hiver il fait gris la plupart du temps. On a entamé la balade sous un soleil de plomb, et rapidement on a vu nos premiers boobies à pattes bleues. Oui, on est venu sur la Isla de la Plata pour voir des oiseaux, et des oiseaux nous avons vu ! Les oiseaux ici n’ont pas peur de l’homme. On peut passer à 10 cm d’un boobie en train de couver, il ne bronchera pas et ça rend beaucoup plus facile l’observation. Comme aux Galápagos !

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Après notre journée baleines nous avons décidé d’aller essayer les chevaux d’Amérique du Sud. C’était encore mieux que sur l’ile de Pâques, les chevaux étaient incroyablement dociles et indépendants, on pouvait quasiment les commander au son de la voix, chacun menant sa monture à son rythme. La première moitié de la ballade se faisait sur une immense plage et on s’est régalés à galoper et se tirer la bourre dans les vagues.

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On a pu observer le cadavre d’une tortue verte échoué sur la plage en train de se faire éviscérer par les Turkey-Vultures qui pullulent dans la région

La suite de la balade se passe sur les reliefs qui bordent la côte Pacifique. On a même eu droit à quelques courts passages dans une végétation tropicale, hyper humide et INFESTEE de moustiques. Le temps de se dire “tiens y a des moustiques par ici” on avait déjà une dizaine de piqures chacun.

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Puis on est retourné dans les montagnes de la Sierra, à Cuenca. Cuenca est une ville que l’on peut qualifier de moderne. Comme la plupart des grandes villes d’Equateur d’ailleurs, elle a un bon réseau routier, le centre est propre, les bâtiments ne sont pas défoncés. Par contre, là où Quito a un grand problème de criminalité qui empêche toute balade nocturne pédestre, Cuenca a son super centre commercial avec grand complexe de cinéma et les rues sont sures.

Cuenca est une cité coloniale qui a été fondée au 16ème siècle. Elle a son lot d’églises, de places et de marchés. D’ailleurs les places sont super agréables : leurs centres sont très fleuris, avec des bancs partout et des hauts parleurs discrets qui répandent une musique douce sous le ciel bleu.

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La nouvelle cathédrale domine la ville avec ses dômes bleus. Ses tours paraissent un peu courte et il parait que c’est dû à une erreur de design, le bâtiment ne pouvant pas supporter la hauteur prévue des tours à l’origine.

 

 

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Et au milieu de tout ça circulent des femmes habillées dans leurs habits traditionnels : jupe en velours multicouche avec des broderies qui diffèrent selon leur village, gilet et poncho. Nous qui sommes en T-shirt, on meurt de chaud rien que de les regarder. Les hommes, eux, semblent avoir abandonné plus facilement leur tradition, ils ne sont pas nombreux encore avec les cheveux longs attachés et leur poncho. On a plutôt vu des hommes en costume cravate marcher rapidement dans la rue. Et les jeunes, évidemment, filles comme garçons, sont habillés à l’occidentale…

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Mais SURTOUT, SURTOUT, ce qui fait qu’un Equatorien est un Equatorien, le symbole entier du pays qui pourrait être mis sur leur drapeau, c’est… ? le CHAPEAU !

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Et Cuenca est un centre de production de chapeaux. Ce sont les panamas qui remportent la première place dans le palmarès des plus populaires. D’ailleurs, il faut préciser que, comme son nom ne l’indique pas, le panama est 100% équatorien. Il vient plus précisément de Montechristi sur la côte. Le panama est en fait un montechristi, logique. La confusion vient du fait que les premiers européens qui ont exporté ces chapeaux l’ont fait via le Panama. Et pour augmenter la confusion, les gens de là-bas ont commencé à les porter, les trouvant très pratiques : tissés avec une certaine paille, les panamas sont légers et souples et protègent bien du soleil. A Cuenca, beaucoup de femmes portent aussi un autre type de chapeau, plus simple en forme et plus rigide.

Il y a plein de petites boutiques dans lesquelles des centaines de chapeaux sont suspendus, avec les noms de leurs propriétaires en attendant qu’ils viennent les chercher. Marrant de voir toutes les femmes faire la queue pour prendre leur chapeau, les essayer, demander des retouches. C’est une vraie institution.

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Le dernier jour, avant de reprendre la route, on a fait le musée de la ville, situé sur des restes de ruines Inca en très mauvais état. Le musée présentait principalement toutes les ethnies et traditions qui composent l’Equateur. Avec sa côte pacifique, ses montagnes et hautes montagnes et sa jungle, ce pays a une énorme diversité qui fait qu’on n’a pas toujours l’impression d’être dans le même pays quand on est à Otavalo, dans les montagnes au Nord, où la majorité des gens font 1m et ont un poncho ou quand on est sur la côte, avec tous les jeunes qui parlent mieux anglais que nous, voyagent en avion et picolent dans des bars. Et encore, on n’a pas mis les pieds dans la jungle…

Mais on n’est pas vraiment allé dans ce musée pour voir ça. On était surtout curieux de voir des têtes réduites. Il y en a 5 “beaux” spécimens au musée, et comme son nom l’indique, une tête réduite est une tête mais qui a réduit d’à peu près 5 fois en gardant ses proportions d’origine, ses cheveux et ses sourcils et tous ses traits (les rides, les oreilles…). C’est assez bizarre à regarder.

Pour un peu de culture, les têtes réduites, ou tzantza, est une tradition du peuple Shuar qui a été pratiquée jusqu’au milieu du 20ème siècle. Aujourd’hui interdite, elle permettait de rétablir l’ordre et l’équilibre de la nature. Si une personne a été tuée lors d’une guerre entre tribus ou lors d’un conflit interne, pour venger son esprit un membre de la communauté demandait l’autorisation à la cascade sacrée (si j’ai bien compris…) pour aller au combat et tuer la personne coupable. Une fois mort, le coupable était décapité et le long rituel pour en faire une tête réduite commençait. Il fallait enlever le crâne, remplir la tête avec des pierres chaudes, la tremper dans diverses substances pour que la peau rétrécisse et se conserve. Enfin, la bouche et les autres orifices de la tête étaient cousus pour que son mauvais esprit ne puisse pas s’échapper. Puis, la tête réduite était portée au cou du guerrier pour lui donner du pouvoir. Pas mal de conquistadors se sont retrouvés accrochés autour du cou des autochtones et il parait que ça faisait peur aux Espagnols… Sympa, hein ?

Et puis il était déjà l'heure de se diriger vers notre dernière étape équatorienne, Vilcabamba. On est arrivé par bus assez tard, les bus roulent TRES lentement dans la sierra, ça monte, ça descend et ça tourne dans tous les sens. On a décidé de se faire plaisir et on est partis pour un petit hôtel-resort sur les hauteurs de la ville. Il parait que la vue est belle, les gens sympa, la piscine agréable, … un petit concentré de Vilcabamba donc.

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Le lendemain on est partis tôt profiter d’un des nombreux chemins de trekking présents autour de la ville. Au début ça monte, ça monte même bien et on atteint un point de vue à 360° au dessus de la vallée poussiéreuse de Vilcabamba: il faut chaud la végétation est sèche et la visibilité est assez mauvaise, mais la vue est quand même imprenable ! On a continué notre route sur les chemins de crêtes. Pas facile de garder l'équilibre, il ne faut pas avoir le vertige !

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Mais nous sommes arrivés tous les deux vivants à l’hôtel où on a profité à nouveau de la piscine et des hamacs pour nous remettre de nos émotions.

Et la suite ? Direction Pérou !!