L’Equateur dans les montagnes

On est arrivé en avion à Quito, la capitale, mais on ne s’est pas attardé. Dès le lendemain matin, on est allé prendre un bus pour Otavalo à 2H au nord de Quito. Rien que pour aller à la gare routière de Quito on a mis 2H00 : on n’a rien compris aux explications de notre charmante gérante d’hôtel, on a pris 2 bus différents en descendant aux mauvais arrêts pour finalement atterrir à la mauvaise gare routière et finir en taxi.

C’est bon de retrouver les galères du voyage.

Otavalo est essentiellement réputée pour son marché artisanal, surtout le WE. La ville est super mignonne, des couleurs partout, des gens habillés en costumes traditionnels, basanés et pas bien grands sous leur chapeau. La ville est à 2500m d’altitude, un peu moins haute que Quito mais il y fait bon, l’air est frais mais le soleil est bien présent. On retrouve aussi des prix qui font plaisir, finies les sommes exorbitantes du pacifique, une chambre coute 10$ et on mange facilement pour 1 ou 2$. Mention spécial pour les bananes, les oranges et le poulet, on en trouve de PARTOUT et les prix sont assez ridicules (1$ les 40 oranges ou 2$ le kilo de poulet).

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A gauche les bananes, à droite les oranges…

Alors on a profité, on a fait le marché artisanal (des bonnets péruviens et des ponchos en veux tu en voilà), on a redécouvert les joies du restaurant (plus besoin de trimballer sa bouteille d’huile et de faire la cuisine), on a gouté les échoppes (miam les ananas), on s’est baladé au grès des rues et il faut bien reconnaître que l’Equateur c’est joli.

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De retour à Quito après un nouveau trajet en bus sans encombre, on a profité de la journée pour se balader dans la vieille ville.

Le centre historique de Quito c’est plein de petites rues. A chaque détour, on découvre une nouvelle place avec un monastère, une chapelle, ou une église (ou les 3), quelques statues, un petit musée. C’est hyper agréable de se promener là dedans, avec une petite impression d’être à Rome ou à Paris. Les rues sont super animées. Les équatoriens ont l’air d’être friand de sucrerie et de glace et de nombreux vendeurs déambulent dans les rues avec un pot de glace – on ne sait pas comment ça ne fond pas. On croise des cireurs de chaussures qui nous ont rappelé l’Asie, des livreurs de bouteilles de gaz, des taxis jaunes de partout, des bus de ville toujours pleins à craquer. Les couleurs aussi sont très belles. Beaucoup de murs sont peints avec des couleurs vives ou toutes les teintes de pastel.

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La basilique Del Voto Nacional et la vue depuis ses tours

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A gauche, l’église La Campania de Jesus. L’intérieur est quasiment entièrement recouvert de feuilles d’or. A droite, la place San Francisco.

Et puis on a décidé de se remettre un peu au sport. On a quelques treks qui nous attendent et il faut qu’on soit en forme. En plus de ça, les montagnes ici ne rigolent pas et il faut se faire à l’altitude. Une balade était faite pour nous : prendre le téléphérique et ensuite aller jusqu’au sommet Rucu Pinchicha. Le TelepheriQo, un peu à l’extérieur de la ville fait 2.5 km et permet de s’élever de 2800m (l’altitude de Quito) à 4100m. Déjà, arrivés en haut, on était à la même altitude qu’à la fin de notre trek au Népal. La facilité fait perdre de son charme à l’évènement.

Arrivés en haut du téléphérique, on a une vue panoramique sur la ville de Quito qui s’étend du nord au sud, coincée entre 2 montagnes d’est en ouest. Du coup, la traversée de la ville ne doit pas être aisée. Mais notre but à nous était d’atteindre Rucu Pinchicha à 4680m d’altitude. Si on fait les comptes, on peut se dire que finalement, on n’a que 580m de dénivelé à faire, pas difficile.

C’est sans compter les effets de l’altitude qui se sont fait ressentir dès les premières centaines de mètres : souffle court, cœur qui bat la chamade, le sang qui reflue dans les tempes… Et puis quand ça passe, ce sont les jambes qui commencent à être lourdes, la tête qui tourne, les vertiges… On a finalement atteint le sommet mais au prix d’un effort important et de nombreuses pauses.

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Sur la photo de droite, on voit notre sommet tout là haut !

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Pour se remettre de tous ces efforts, on s'est offert un ceviche, un mélange de poissons et fruits de mer crus et marinés dans du citron typique de la cuisine de la côte du pays. Le bol était accompagné de pop corn et de bananes frites, ce qu'on a trouvé surprenant. Mais on a appris par la suite que les pop-corn sont les croutons locaux. Et c'était délicieux !

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On a ensuite repris la route vers le Sud pour atteindre Latacunga, une ville à 2h de Quito qui est le point de départ de nombreuses balades.

On était venu ici pour se balader un peu en vélo dans les environs et puis finalement on a réalisé qu’il y a un des plus gros sommets de l’Equateur juste à côté de nous et que ce serait bête de ne pas le faire. Alors on a abandonné les pédales pour les crampons. Le volcan Cotopaxi culmine à 5897m, l’ascension prend 7H, et, histoire de pas y aller juste pour mourir, on a dû aller faire d’autres balades avant pour s’acclimater pendant 3 ou 4 jours.

On est donc parti pour faire le “Quilotoa Loop”. C’est le nom qu’on donne à une boucle qui passe par le village perché de Quilotoa. La route est longue et la faire à pied est quasiment impossible, il faut alterner avec le bus. Nous avons quitté Latacunga pour le petit village de Saquisili, à peine vingt minute de bus. Le village de Saquisili est réputé pour son marché du jeudi. On s’attendait à une petite bourgade et à sa place du marché toute mignonne : pas du tout. C’est assez grand et le marché c’est toute la ville. Immense. Il y a huit places principales, plus ou moins à thème (artisanat, bouffe, animaux, etc…) et les rues sont remplies de vendeurs, il y a les “organisés” qui ont une table et deux tréteaux et les vendeurs ambulants qui crient dans tous les sens pour vendre une brosse à dent ou un lot de 2 éponges. On peut vraiment trouver ce qu’on veut, c’est un bordel géant.

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Tout le monde est habillé de façon traditionnelle : le chapeau, les ponchos, les gilets colorés, les châles, la jupe et les chaussettes montantes pour les femmes. C’est magnifique.

Le marché vaut aussi le détour pour son marché aux animaux (vivants). On trouve de tout aussi et ça donne presque envie de devenir végétarien : les poules, les cochons, les canards (0.50$ le canard vivant !), les moutons, les oiseaux, les vaches, les chats, les chiens, les cochons d’inde, les lapins… dans des conditions atroces. Ca pue à en avoir la nausée. Tout est pour finir en BBQ à priori, sauf les chats et les chiens.

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Après quelques heures à s’en mettre plein les yeux et les narines nous sommes repartis en bus pour Chungchilan. On s’est retrouvés au milieu des poules (vivantes), des demi-moutons (morts, hé oui), des sacs et des gens de partout : le retour du marché quoi. 3H plus tard on a mis les pieds dans notre charmante pension, au centre de ce tout petit village perdu dans la montagne.

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On a été accueillis par une famille très sympa et on a passé la soirée à discuter avec un couple d’avocats américains de Boston perdus dans la montagne avec nous.

Le lendemain matin, première étape de notre plan d’acclimatation : Chungchilan – Quilotoa, 400m de dénivelé négatif et 1200 positifs pour arriver à 4000m. Les montagnes n’ont rien à envier au Népal, c’est archi à pic et ça grimpe sec. On est parti avec un plan dessiné à la hâte sur un bout de papier par le gérant de l’hôtel. On s’est un peu perdu, évidemment.

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Ce fut un peu dur mais on s’en est bien tirés et malgré nos déboires on a “escaladé” les 14km de montagne et atteint Quilotoa en un temps record. Le village est perché à 4000m d’altitude au bord d’un superbe cratère rempli d’eau ; on s’est vite réchauffés autour du poêle de notre pension avec quelques autres backpackers et on a profité du repas collectif.

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Le lendemain, programme chargé à nouveau, levés à 6H pour la deuxième phase de notre plan d’acclimatation : le tour du cratère sur un sentier qui suit la crête du volcan, c’est loin d’être plat et on l’a fait sans problème. On s’est dit qu’on était prêts à tenter Cotopaxi le lendemain !

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Dire qu’on est à la même altitude qu’à la fin de notre trek de 10 jours au Népal, il fait quand même meilleur…

A peine rentrés on a sauté à l’arrière d’une fourgonnette au milieu de bouteilles de bières vides et de la poussière soulevée par les pneus et on a fait une courte pause au marché de Zumbahua pour avaler une assiette de riz et un œuf. On retrouvait un peu tout ce qu’il y avait à Saquisili mais en moins grand alors on ne s’est pas vraiment attardés.

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Puis on est retourné à Latacunga, juste à temps pour s’inscrire pour tenter l’ascension de Cotopaxi – 5897m – avec un guide le lendemain. L’agence nous a confirmé que le tour qu’on a fait est suffisant pour l’acclimatation (pas la peine de faire un autre volcan à 5000m que beaucoup d’autres font avant Cotopaxi), et nous rassure en disant que c’est un volcan dont l’ascension est très facile et absolument pas technique. Ceci dit, pour la partie glacier du volcan, il faut quand même des crampons, un baudrier, un piolet, des chaussures qui ressemblent à des chaussures de ski, un pantalon imperméable et des guêtres…

Le lendemain, on nous conduit à 50 km de là, dans le parc Cotopaxi, où on fait la connaissance avec notre guide Sergio. On ne voit pas les sommets des montagnes ni des volcans, il pleut, il y a beaucoup de vent, on ne s’attarde pas trop à faire des tours dans le parc. Du coup, on monte quasi directement jusqu’au parking du volcan à 4500m. Là commence l’aventure : sous la neige et fouettés par le vent, on enfile nos nouvelles super chaussures, et on attaque la montée pour aller au refuge à 4810m, avec tout notre barda sur le dos. Une montée qui se passe très bien et nous met en confiance pour la suite. Quand on arrive en haut, on n’a toujours pas vu le fameux sommet du Cotopaxi, mais on a une petite compensation, on est 2m au dessus du Mont Blanc !

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L'après-midi passe lentement. Il fait très froid dans le refuge qui n'est pas chauffé. On lit, on essaye de ne pas trop se demander ce qu'on fait là, on s'entraine dans les dortoirs à marcher encordés et à tomber sans s'enfoncer le piolet dans le ventre. En fin d'après-midi, le temps se lève enfin et on est allé se promener un peu pour profiter du paysage. A cette occasion, on a enfin découvert le volcan, son sommet et l’immense plaine environnante. Si on demande à un enfant en maternelle de dessiner un volcan, il va dessiner Cotopaxi, avec de la lave en plus et un glacier en moins. Un cône qui s’élève droit vers le ciel. Je n’exagère pas, Cotopaxi est le plus haut volcan du monde !

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Et puis à 18h, on est tranquillement allé se coucher avec 4 couches de vêtements pour essayer de ne pas geler avec les sacs de couchage tout fin que l’agence nous a prêtés.

Le réveil à minuit a été bien difficile, on a très peu dormi. Pas facile de se motiver pour sortir, surtout que le temps est encore épouvantable.

Après un rapide petit déjeuner, on part, empaquetés dans nos vêtements grand froid et avec une lampe frontale. Le vent nous lance des flocons de neige piquants. Le blizzard entoure notre groupe, il est difficile de discerner les autres dès qu’ils s’éloignent de 2m. On ne distingue que leur lampe et une tempête de flocons qui passent dans leur halot. De toute façon, il est difficile de regarder autre chose que ses pieds si on ne veut pas perdre ses yeux. On est tout seul avec le vent dans les oreilles et le sang qui bat les tempes. Quand on est arrivé au niveau du glacier, le temps était toujours aussi pourri et on est recouvert de glace. Les guides nous disent qu’il faut rentrer, Adrien est hyper déçu, moi, j’étais déjà à bout : estomac au bord des lèvres, jambes en chewing gum. C’était pas mon jour. On prend quelques photos comme on peut devant le glacier et on descend.

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On se recouche donc vers comme si rien ne s’était passé, un peu de sueur en plus.

A 7h, Adrien vient me réveiller pour me dire qu’on retente l’ascension. Dehors, il n’y a pas un nuage. Le volcan nous dévoile toute sa splendeur. Alors on prépare à nouveau tout notre matériel et on se remet en route.

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La montée est difficile, l'altitude m'épuise et au bout de 2h, quand on arrive sur l'entame haute du glacier et qu'il faut chausser les crampons, je commence à bien souffrir tandis qu'Adrien est au top de sa forme. Le volcan n’offre AUCUN répit !

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La suite est un calvaire pour moi. Je lutte psychologiquement pendant encore presque 2h où j'avance au ralenti. Et puis quand le guide annonce qu'il reste 4h de montée, j'abandonne ! Je fais alors faire demi-tour à un Adrien tout déçu et tout frais. On aura atteint 5300 m.

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Dans la descente, je regarde enfin autre chose que mes pieds et je découvre que le glacier est grandiose, et la vue sur la vallée et les montagnes environnantes est dégagée et magnifique. Ca vaut quand même le coup d’avoir fait l’effort, c’est super beau. En plus, comme pour me faire déculpabiliser (un peu), les 2 autres cordées ont dû aussi faire demi-tour car la neige commençait à fondre et rendait l’ascension jusqu’au sommet trop dangereuse.

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Une belle aventure, même si elle aurait pu être plus glorieuse. Mais il est temps de passer à autre chose : Baños et ses bains thermaux !

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