Notre première destination de la Bolivie avait un nom très prometteur : Copacabana ! Ce n’est certes pas le Copacabana du pays voisin, mais on y a trouvé tout ce qu’il nous fallait : Sea, Cerveza and Sun. Un superbe lac bleu scintillant au soleil, des boutiques pour les touristes tous les 3 mètres et des restos et des bars destinés exclusivement aux touristes encore, avec des petits patios au soleil et à l’abri du vent. On a donc bien profité de cette rapide escale au bord du Lac Titicaca.
Juste avant de partir, on est tombé complètement par hasard sur Max, un collègue de GE qui venait d’arriver en ville. On a juste eu le temps de prendre une photo ensemble, et même pas une bière avant de sauter dans notre bus.
On a longé le lac pendant un bon moment, avec les pics enneigés en toile de fond. On a même dû traverser un bout de lac sur un bateau pendant que notre bus prenait une “barque” qui ne faisait pas trop confiance de loin… Mais nos sacs dans les soutes sont arrivés avec le bus en entier et au sec de l’autre côté.
Nous ne sommes restés à la Paz que le temps de trouver un avion pour aller à Rurrenabaque, à l’orée de la pampa et de la jungle bolivienne. Le peu qu’on a vu de la ville ne nous a pas transcendé, elle est grande, bruyante, les rues sont remplies de minibus qui cherchent à trouver des clients.
Pour aller à Rurre, il faut prendre un tout petit coucou interdit aux claustrophobes.
L’avion est ridiculement petit, il faut se plier en deux pour y progresser, neuf rangées de deux passagers, les deux pilotes sont à trente centimètres devant nous, on se demande pourquoi on passe nos bagages cabine aux rayons X puisqu’il suffit de se jeter sur le pilote pour faire une bonne blague à tout l’avion. L’avion est tellement petit que le pilote met les gaz avant d’entamer son virage pour la piste de décollage. On se tape donc un 180° écrasé contre la carlingue avec les hélices qui rugissent et le pilote qui annonce “préparez vous au décollage”. Le vol dure quarante minutes, on vole entre les sommets de la Cordillera Real au nord de La Paz, c’est magnifique.
Et puis on atterrit sur une piste quasi en terre et on est à Rurrenabaque : quarante degrés à l’ombre, on étouffe et on a l’air bien malin avec nos jeans, nos grosses chaussures de marche et nos vestes polaires.
On saute dans une jeep où un chauffeur et trois touristes australiens nous attendaient et on file sur les routes en terre tape-cul, serrés à huit dans la vieille caisse, sous un soleil de plomb, les vitres ouvertes pour avoir un semblant d’air brûlant qui ventile l’habitacle tout en nous recouvrant de poussière. Trois heures de bonheur donc.
Mais même les pires choses ont une fin et nous arrivons au bord d’une jolie rivière marron où notre guide Tony nous accueille sur sa barque. Pas un brin d’ombre sous un soleil insupportable alors on s’enduit de crème solaire et on fait tremper ses doigts ou ses orteils dans l’eau pour se rafraichir… pendant environ 17 secondes, c’est à dire le temps de voir que la rivière PULLULE d’alligators à quelques centimètres de vos doigts.
Les alligators, présents par centaines autour de nous
Les capybaras, un espèce de cochon d’inde géant qui passe son temps à se rouler dans l’eau et la boue à quelques centimètres des alligators
La faune est impressionnante, des hérons, des cigognes et autres échassiers de partout, des cormorans, des perroquets, des autruches, des toucans, des anacondas, des tortues, des capybaras, des singes de toutes sortes, des poissons chats, des piranhas, des alligators et des caïmans noirs… Hostile la nature ! Le guide nous explique que seuls les caïmans noirs sont à craindre car ils peuvent atteindre 5m et attaquent l’homme, voire le bateau ; les alligators dépassent rarement les 3m et fuient en général les humains.
Comme nous sommes à la fin de la saison sèche, le niveau de la rivière est très bas, ce qui nous oblige à descendre de la barque pour la pousser. Pas très rassurés, nous avons trempé nos pieds dans cette eau marron où on ne peut absolument pas voir les alligators approcher. Mais le guide nous a rassuré en nous expliquant que le niveau est trop bas pour que les caïmans fréquentent la rivière. On ne pouvait que lui faire confiance… C’est donc presque transformés en crocodile Dundee qu’on atteint le camp.
Le camp est plutôt confortable, entièrement sur pilotis pour rester au sec pendant la saison des pluies, des hamacs, un bar, des dortoirs, une cantine, que demander de plus…
A la nuit tombée nous sommes repartis en bateau observer les yeux des alligators : dans le noir total les yeux des reptiles reflètent nos lampes de poche et la rivière s’illuminent d’une foule de petits points jaunes menaçant. Leurs yeux ont vraiment l’air d’émettre de la lumière, ils sont hyper brillants et il y en a de partout ; ça ne donne pas du tout envie de tomber dans l’eau sombre.
Le lendemain, nous sommes partis à pied explorer la pampa à la recherche d’anaconda. La pampa c’est la jungle sans les arbres, une zone déforestée immense dans laquelle il est beaucoup plus facile de voir les animaux. Et la ballade à été riche en observation :
Un gentil crapaud toxique qui fait mourir si on le touche
Un anaconda de 3m, un bébé donc
L’après midi nous somme partis à la pêche aux piranhas ; on les appâte avec un petit bout de beefsteak tout frais, on attend, on attend, et on remonte toujours un poisson chat minuscule aux épines venimeuses qu’on met deux heures à décrocher et à remettre à l’eau. Bref, aucun piranha pour notre bateau, nous n’aurons pas eu l’occasion de voir les dents de ces petites bêtes.
La dernière journée fut également riche en émotions puisque le matin nous nous sommes baignés avec les quelques dauphins roses qui peuplent la rivière. Le guide a encore une fois été rassurant : “les alligators n’aiment pas les dauphins, la baignade est sure !”. Y avait quand même deux ou trois reptiles qui nageaient à cinq-six mètres de nous, on gardait un œil en permanence dessus pendant qu’on attendait que les dauphins s’approchent de nous : quatre ou cinq individus assez balèzes (dans les deux mètres) qui faisait des ronds et des “pfff” lorsqu’ils respiraient. Comme l’eau est complètement marron on ne voit pas bien les cétacés mais on a eu droit à quelques battements de queue qui nous ont ravi.
Il était ensuite l’heure de repartir pour Rurre, on a donc fait tout le chemin en sens inverse.
Rurrenabaque est une petite bourgade au milieu de nulle part. Cette ville qui ne comptait que 5 lignes téléphoniques et 3 motos il y a 10 ans s’est considérablement développée et est devenus touristique, mais elle garde quand même un charme de village paumé au bord d’une rivière et écrasé par la chaleur.
Pour notre dernier jour à Rurre, on est allé faire du cheval. On est arrivé dans un énorme terrain couvert de jungle appartenant à des français, avec les chevaux en liberté.
A la fin, on a pu accompagner les chevaux à la rivière pour les laver, les rafraichir. Ils sont ressortis de là aussi trempés que nous…
Après cette matinée rafraichissante, nos chemins se sont séparés pour de bon avec Marc et Flore qui prenaient leur avion l’après-midi même pour filer dans le salar d’Uyuni. Nous, on a passé la fin de journée tranquillement en profitant des derniers moments de chaleur dans les hamacs avec des bouquins. Et puis le lendemain matin, c’était le moment de dire au revoir à cette petite ville où la vie est bien tranquille et agréable. On a acheté nos derniers mini croissants et petits pain au chocolat au boulanger français qui vient les livrer tous les matins (un régal au beurre salé), on a bouclé nos sacs en prenant soin de bien mettre les laines polaire au dessus et on a repris notre mini avion dans l’autre sens en se disant qu’on a vraiment apprécié cette étape loin des montagnes.
On est resté quelques jours à la Paz, surtout pour faire de la logistique et attendre qu’on nous répare notre ordinateur dont le disque dur a rendu l’âme. Ici, tout prend beaucoup de temps, et il faut être patient, demander 3 fois la même chose à des personnes différentes pour être sûrs d’avoir la bonne information. Une fois qu’on a tout réglé, on est parti à Sucre.
La ville de Sucre est jolie, avec beaucoup d’églises et de cathédrales blanches. Nous avons jeté notre dévolu sur un musée qui s’est révélé bien décevant avec des explications au compte goute sur ce qui est exposé. Le seul intérêt était le bâtiment en lui même, de style colonial avec une jolie cours intérieure et une fontaine.
La ville était hyper vivante avec du monde partout dans les rues, des défilés d’écoliers pour sensibiliser sur le respect des lois, de l’écologie, de l’éducation… donc agréable.
Le midi, en visitant le marché, on est enfin tombé sur la perle de Sucre : son chorizo ! Le marché est rempli de marchands de ce produit qu’on n’avait vu dans aucune autre ville de Bolivie et on s’est laissé tenter par un sandwich au chorizo criollo. Ca trempe dans une huile douteuse, et pourtant dès la première bouchée, on atteint le nirvana. Trop bon !
Du coup, on a failli se laisser tenter par un deuxième, mais la raison l’a emporté et on a opté pour un fruit. Là encore, bonne surprise, les boui-boui proposent de vraies salades de fruits avec plein de yaourt.
Comme le temps avance, on est parti dès le lendemain à Potosi connue pour ses mines d’argent. C’est l’histoire d’une montagne appelée Sumac Orcko remplie à ras bord du métal d’argent et qui fit briller les yeux des espagnols. Née de l’exploitation de ce véritable filon, Potosi se développa en 1540, devenant du coup la ville la plus haute du monde. Enfin la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. 4090m au dessus des flots, c’est déjà ça.
La ville et au loin la double montagne remplie d’argent
A l’époque la ville était aussi importante en taille que Paris, la quantité d’argent qu’on y a extrait pendant trois cent ans représentait une cinquantaine de milliards de dollars, une fortune inimaginable pour l’époque ; toute l’économie Européenne a été influencée par la migration de ces tonnes d’argent entre Potosi et l’Espagne. Les indigènes ainsi que des esclaves africains travaillaient “gratuitement” dans ces mines, et en général y laissaient leur vie. Aujourd’hui l’argent est devenu assez rare au cœur de la montagne et les habitants se sont rabattus sur l’étain.
La ville est très belle, riche en architecture, assez calme et bizarrement on y respire mieux qu’à La Paz alors que c’est plus haut… surement l’absence quasi totale de circulation qui vide l’air de ses polluants.
A Potosi il y a deux principales activités :
D’abord la visite de la Casa de la Moneda, l’endroit où étaient frappées les pièces de monnaies en argent – argent qui sortait directement du ventre de la montagne – destiné à l’Espagne, puis au Chili et enfin à la Bolivie après l’indépendance. Cela permet de voir toutes les machines utilisées au fil des siècles, des vieux moulins en bois tirés par des esclaves aux machines électriques dernier cri made in USA.
Et puis le temps fort c’est évidemment la visite des mines. On y va guidés par un mineur. Pas de chance pour nous, c’est tombé un dimanche et les mines étaient désertes, nous n’avons pas pu voir les mineurs travailler. La montagne est un vrai gruyère, plus de 450 entrées, des tunnels dans tous les sens, notre guide annonce fièrement que si une partie s’effondre les mineurs peuvent forcément ressortir par un autre endroit et que ce qui est arrivé récemment au Chili ne peut pas avoir lieu ici. Avant de rentrer dans la mine on passe acheter quelques “cadeaux” pour les mineurs qu’on va peut être rencontrer sous terre. Les “cadeaux” c’est un sachet plastique à 1,5€ qui contient un énorme sachet de feuilles de coca, des cigarettes, une bouteille d’alcool à 96 degrés (oui oui c’est pour boire) et une bouteille de soda. Faut bien s’occuper là dessous.
Il y a un peu d’appréhension avant de rentrer, on s’équipe comme un mineur, la combinaison, le casque et la frontale. Il n’y a pas d’électricité dans la mine, à peine fait-on quelques pas à l’intérieur qu’on rentre dans un noir total, le sol est plein d’eau et on patauge en avançant au grès de galeries, une fois à droite, une fois à gauche, on est vite perdus. Les galeries sont plutôt larges, pas besoin de ramper dans la boue, on doit faire attention à quelques trous qui mènent directement 70m plus bas, on doit se baisser quelques fois puis escalader des échelles en bois pour ressortir dans d’autres galeries.
Une des entrées
Equipés de la tête aux pieds
En plein milieu du trajet nous nous sommes arrêtés dans une petite salle où trône un diable en argile. Notre guide mineur nous a expliqué qu’il s’agit du “Tio”, le dieu des mineurs qui viennent lui faire des offrandes pour trouver une bonne veine d’argent pur à exploiter et accessoirement pour ne pas mourir. Les offrandes se résument à de l’alcool, des feuilles de coca et des cigarettes. La belle vie pour “el tio”.
On est quand même ressortis vivants, via une autre entrée très éloignée de la première, un peu déçus de ne pas avoir rencontré de mineurs au travail, les conditions sont quand même sacrément difficiles dans la mine.
Après cette expérience intéressante, on a mis le cap sur le joyau de la Bolivie : le salar d’Uyuni qu’on avait hâte de parcourir.
Uyuni, la ville c’est moche : une immense plaine de poubelles en plein air (bouteilles plastique et sacs plastique) qui amène à une petite ville de quelques centaines de mètres de côtés. Les rues sont principalement en terre, les bâtiments de couleur terre, c’est terne. On a passé quelques heures à chercher un tour pour le Salar. Les agences poussent comme des petits pains, difficile de faire son choix alors on fait confiance à la sympathie des gérants et à notre feeling. Le soir, tout est arrangé : on part dès le lendemain pour 4 jours dans le Salar et le Sud Lipez.
LA COULEUR ROUILLE:
Les deux premiers jours se passent sur le Salar lui même, le plus grand désert de sel du monde, 12 000 km carrés sur plusieurs dizaines de mètres d’épaisseur, de quoi manger des bars en croute de sel tous les jours de l’année.
A la frontière du Salar on visite un cimetière de locomotives, les vestiges d’une ligne ferroviaire qui transportait des minerais jusqu’au Chili. Comme on est au bord du Salar on est face à une immensité plate, c’est impressionnant.
LE GRIS :
On reprend la route et on passe dans un petit village – nommé Colchani – où est exploité le sel du Salar. Tout est fait à la main, cinq tonnes de sel sont exportées chaque jour.
Les bâtiments sont fait de sel, des blocs de la taille de moellons, collés les uns aux autres avec à nouveau du sel humide. Les blocs sont grisâtres, difficile de croire que c’est du sel avant d’y coller la langue.
Derrière le vélo : les blocs de sel
LE BLANC :
Et enfin nous rentrons dans le Salar : une immensité de blanc éblouissant à la planéité parfaite, c’est vertigineux tellement c’est plat et grand. On roule à 100km/h et on a l’impression de ne pas avancer car il n’y a aucun repère autour de nous. Nos premiers pas avec le Salar, nous sommes éblouis sous tous les sens du terme.
LE VERT ET LE VERRE :
En milieu de journée nous arrivons à notre étape pour les prochaines 24 heures : au pied du volcan Tunupa et au bord du Salar, un endroit de rêve où les lamas et les flamants roses s’occupent tranquillement ; une fois les jeep reparties nous sommes seuls, on marche quelques minutes au milieu du Salar et on est dans un silence total, un ciel bleu sous un soleil violent et au dessus d’une toile blanche tendue.
Et puis forcément au bout d’un moment on s’amuse…
LE NOIR ET L’OR :
Pour notre première nuit nous dormons dans un hôtel de sel : des murs en sel parfaitement blancs, une table en sel, un sommier en sel, un toit en tôle (l’exception) et un sol en gros sel qui donne l’impression de marcher sur du gros sable. Seul le matelas et les couvertures ne semblent pas en sel.
Dès que le soleil se couche la température chute de façon vertigineuse ; ça peut atteindre les –30° en juillet mais heureusement les températures sont actuellement un peu plus clémentes. Nous sommes seuls dehors pour le coucher du soleil puis son lever le lendemain à 5H30. L’horizon est parfaitement plat et le soleil tombe puis se lève à l’infini sous un ciel bleu-noir. C’est superbe.
LE ROUGE ET LE VERT :
Après le lever de soleil nous décidons de partir faire l’ascension du volcan Tunupa. 5432m au sommet, soit environ 1800m de dénivelés dans les deux sens. Nous n’avons que six heures avant qu’une jeep viennent à nouveau nous chercher, ce ne sera pas suffisant mais nous partons quand même.
On aura finalement presque atteint le cratère, en marchant à un bon rythme et sans pause. Il n’y a pas de chemins et on progresse au milieu des pierres et des arbustes. Pas facile. La descente fut très pénible, on était affamés et épuisés mais la vue du Salar qu’on a depuis les flancs du volcan vaut l’effort.
LE BLANC (encore) :
En milieu de journée une nouvelle jeep vient nous chercher et nous découvrons notre groupe pour les 3 prochains jours : deux australiennes, une japonaise et une canadienne. Immédiatement on retraverse le Salar du nord au sud, à nouveau c’est l’émerveillement. On atteint la isla des pescado, une petite ile pleine de cactus qui sort droit de cette mer de sel. Superbe.
LE BEIGE :
Après une nouvelle nuit dans un hôtel de sel, au sud du Salar cette fois, nous sommes repartis pour apprécier un décor de pierres sculptées par les eaux et de récifs corallien fossilisés (il y a bien longtemps donc)
Un peu plus loin nous nous arrêtons à nouveau au milieu d’un paysage lunaire entouré de volcans. Derrière les volcans c’est le Chili, nous longeons la frontière côté Bolivien.
LE ROSE :
Le midi nous mangeons au bord de lacs remplis de flamants roses. Encore une fois on en prend plein les mirettes.
LE ROUGE :
L’après-midi nous traversons un immense désert de pierres rouges, au milieu de montagnes rouges. Nous sommes dans la prolongation du désert Chilien d’Atacama. De temps en temps on croise un troupeau de Vecuñas, des espèces de lamas avec une peau d’antilope. On se demande de quoi ils vivent, il n’y a ni eau ni végétation à des kilomètres à la ronde.
En fin d’après midi nous atteignons la laguna colorada, autrement appelé le lac rouge. Un autre gros spot à flamant roses. On monte en altitude et le froid commence à être piquant. On rajoute à cela un bon vent et on est congelés jusqu’aux os en quelques secondes dès qu’on sort de la jeep.
Notre troisième nuit fut glaciale malgré un petit brazero et le réveil très matinal : 4h15 pour faire le programme de la journée.
LE GAZ :
On reprend la route et vers 5H30 nous passons le point le plus haut de ce parcours – 4950m – pour traverser de violentes émanations de gaz sulfuré sous pression. Il fait très froid, le gaz qui jaillit sous pression est brûlant, ça pue, mais dans les lueurs de l’aube c’est beau.
LE BLEU :
Juste avant le lever du soleil nous atteignons des sources thermales. Une petite piscine à 35°C au bord d’un marécage où batifolent les flamants roses à quelques mètres de nous. On est aux alentours de 4600m, l’air est gelé, il y a des petites flaques de glace au bord de la piscine mais nous nous mettons en maillot et nous sautons dans l’eau brûlante le temps de s’y habituer. Un régal. Le lever du soleil vient rajouter aux charmes de la scène. Puis ensuite des dizaines de jeeps remplies de touristes se pointent et viennent gâcher ce moment. Par chance nous étions la première voiture sur place et nous avons pu profiter de quelques minutes de repos.
Après ce petit bain, nous avons mis nos affaires à sécher sur le capot de la jeep. Malgré un bon soleil matinal on a récupéré nos affaires complètement gelées.
LE VERT :
Notre dernière étape : le lac vert. Un réservoir d’eau rempli de toutes les pires substances toxiques, en particulier l’arsenic, qui lui donnent cette couleur particulière. Le lac est au pied d’un volcan à 5900m, juste derrière c’est San Pedro de Atacama au Chili.
Le retour fut long et pénible, tout le chemin dans l’autre sens pour rejoindre Uyuni sur une piste défoncée. On aura réussi à crever, mais les garçons ont changé la roue en un temps record !
C’est bien crevé mais avec de superbes images encore imprimées sur la rétine qu’on a pris un train de nuit pour aller à Tupiza, dernière ville bolivienne de notre parcours. Le trajet n’était pas de tout confort, mais la fatigue l’a emportée.
Il fait chaud et après les températures glaciales d’Uyuni, ça fait du bien de se promener en T-shirt et de manger un barbecue en plein air.
Un mouton “a la cruz”… on comprend pourquoi !
Tupiza, ça ressemble au Far West, ou en tout cas à l’image qu’on s’en fait souvent. La ville est plantée au milieu d’un cirque de montagnes rouges, avec des formations rocheuses fantastiques, des quebradas – des gorges – et des canyons. Pour dire, Butch Cassidy et Billy the Kid ont été tués dans le coin. Du coup, on a trouvé un petit taximan pour nous conduire à un point de vue pour voir le coucher du soleil.
Le lendemain, on est parti en randonnée à cheval pour la journée, à travers les quebradas. On s’est fait des bonnes courses au triple galop que notre guide de 15 ans gagnait tout le temps. Le midi, on s’est posé au bord d’une rivière en compagnie des chèvres. On a traversé plein de paysages différents, suivi la voie de chemin de fer, traversé des rivières, sous un soleil de plomb et un vent violent.
Et puis le lendemain matin, nous avons pris un bus aller à la frontière argentine. A Villazon, à la frontière du côté de la bolivie, on a mangé rapidement notre dernier almuerzo, encore du riz et du poulet avant de gouter aux énormes steaks argentins ! On a hâte !
