Le Pérou, les Andes et les Incas

On vous avait laissé au Sud de l’Equateur, il y a quelques temps déjà et nous avons parcouru pas mal de chemin depuis : d’abord les Andes avec le Pérou et la Bolivie avant de changer de décors et d’aller rapidement au Sud de l’Argentine en Patagonie, au milieu des glaciers.

Mais revenons là où on s’était arrêté : le Pérou !

Nous avons choisi de passer la frontière entre l’Equateur et le Pérou au milieu des Andes, contrairement aux 99% des autres touristes qui la passe sur la côte et doivent à peine descendre du bus pour faire tamponner leur passeport. Pour nous, l’aventure aura été entière : 2 jours entiers pour faire 260 km à vol d’oiseau, une bonne dizaine de transports différents avec des temps d’attente entre chaque, du stop quand les transports collectifs étaient inexistants. On a mangé de la poussière sur les route en terre, on s’est serré au maximum dans les taxis collectifs surpeuplés d’hommes mais d’animaux aussi parfois. Nos nerfs ont été soumis à rude épreuve, mais l’expérience a été authentique.

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Le cochon qui est monté avec nous dans le taxi…

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On était donc bien contents d’arriver à Chachapoyas, une ville qui a peu à offrir en elle-même mais dont les environs sont chargées de sites archéologiques intéressants.

Le problème c’est que “les environs” ont beau être proches, les routes sont catastrophiques et il faut compter 3 à 5 heures de taxis-bus pour y arriver. Comme on n’avait pas la motivation pour remonter tout de suite dans un tranport en commun, on a décidé d’aller explorer les environs à pieds et on est parti avec nos petits sac à dos. La journée de marche fut interminable, en suivant au début un ancien chemin des Incas pavé mais le reste n’était pas forcément très beau. Fatigués, on est enfin arrivé à Tingo, le village à la base de la montagne sur laquelle se dresse la forteresse de Kuelap, où on a passé la nuit.

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Le chemin accidenté et les maisons en torchis qu’on croise de temps en temps

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Pour atteindre la cité de Kuelap au départ de Tingo, d’où aucun tour opérateur ne part, c’est tout une histoire. En gros, il faut tenter sa chance en restant assis à un croisement où les taxis doivent passer et attendre, attendre… Au bout de 2h, un véhicule est enfin arrivé, rempli de touristes, mais le chauffeur a accepté de nous prendre dans le coffre pour faire les 2 dernières heures de trajet à travers les montagnes. Encore un trajet bien confortable donc !

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On a fait la visite du fort sans guide, du coup, on n’a pas eu les infos complètes, mais cette forteresse a été habitée de 1000 à 1500 et a accueilli jusqu’à 3500 personnes. Il reste surtout des fondations de maisons circulaires avec toute un arrangement similaire.

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A gauche, l’entrée de la forteresse : un étroit passage au travers des 11m d’épaisseur de mur.

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Les maisons circulaires.

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Pour le retour, la même galère : attendre 1h pour trouver un taxi qui part et veuille bien nous prendre, passer 2h dans le coffre. Comme à l’approche de Chachapoyas les taximan craignent un contrôle de police, on nous a déposé sur une route “passante” avec pour mission de se débrouiller pour aller jusqu’à notre destination finale.

Cette fois, la chance nous a souri et 10 min de stop ont suffi pour qu’un pick-up veuille bien nous prendre.

Le soir même on a quitté Chachapoyas pour aller sur la côte où on espère que les transports sont plus nombreux. Une nuit dans le bus qui est passé sans encombre et nous voilà arrivés à Chiclayo. Après avoir jeté nos sacs dans un hôtel on est partis en minibus visiter le site archéologique de Sipan. Il s’agit d’un site funéraire Moche. Pour resituer un peu, il y a eu 3 grandes cultures dans cette région côtière du Pérou :

- les Moches de l’an 0 à l’an 800 après JC.

- Les Chimus ensuite : après plusieurs années de sécheresse, la population Moche a rejeté ses croyances et ses dieux pour fonder une nouvelle civilisation.

- Puis les Incas qui sont descendus de leurs montagnes et ont conquis tout le pays vers 1400 avant que les espagnols n’arrivent en 1532 et, les fusils aidant, s’emparent de l’empire en une année à peine.

Le site de Sipan a été découvert il y a peu de temps. Les fouilles sont encore en cours et on peut observer quelques tombes mises à jour, une partie de leur contenu (les Moches aimaient bien remplir les tombes d’offrandes) ainsi que les restes de la pyramide qui servait de lieu cérémoniel.

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A gauche les restes de la pyramide : les briques utilisées étaient faites de sable et de terre, les pluies ont complètement érodé le bâtiment… d’où le nombre d’années qu’il a fallu avant que quelqu’un comprenne que le monticule de terre devant lequel il se trouvait est en fait un ancien temple

Le lendemain on s’est attaqué au marché de Chiclayo, un des plus grands du pays : on trouve de TOUT. Le marché est surtout connu pour avoir un coin herboristerie où on trouve tout ce dont les chamans ont besoin pour préparer leurs potions magiques. On y croise notamment des tonnes de San Pedro, le cactus hallucinogène que nous n’avons pas essayé.

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La partie “fruits et légumes” du marché est impressionnante. Les sud-américains prennent une attention toute particulière pour empiler et présenter leur étalage ; même les fraises sont méticuleusement et délicatement saisies une à une entre les deux doigts du vendeur, analysées par leur œil professionnel, triées pour garder les plus rouges et empilées parfaitement pour former une petite pyramide.

Même les cigarettes sont empilées, ces gens sont des maniaco-empileurs…

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Après s’être régalés les yeux nous avons retraversé la ville, slalomé entre les centaines de taxis qui remplissent les rues et on vient d’attraper un bus pour aller à Huanchaco et sa voisine Trujillo, pas trop trop loin au sud où on a rendez-vous avec mon frère et sa famille.

Huanchaco est un village de pêcheurs qui sert de station balnéaire aux habitants de Trujillo pas loin. On s’attendait donc à un petit village au bord de l’océan, tout mignon, et on a vite déchanté quand on a vu une ville en béton, une plage dégueulasse et un temps pourri. Mais quand on a vu débarquer mon frère Pascal, Tévécia et le Petit Guilhem ça nous a réconforté. Et quand ils ont sorti de leur sac un petit condensé de la France… Son contenu n’a pas fait long feu…

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On a passé la froide après-midi à se balader dans le “village” et au bord de la plage. A Huanchaco, les pêcheurs vont sur l’eau avec une embarcation en paille, on ne sait pas trop comment ça flotte, ni comment c’est stable, mais ils ont l’air de bien s’en sortir. On a mangé un ceviche, la préparation de poisson mariné ; on a assisté au plus gros défilé de campagne électorale qui puisse exister : un des candidats de la région avait recruté à peu près tous les bus des environs pour faire un convoi de 3 km de long, remplis de gens brandissant des drapeaux du parti, de manière plus ou moins convaincante et convaincue. Une vraie démonstration de force !

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Le lendemain, Dans l’aprèm, on a pris un taxi pour visiter Huacas del Sol y de la Luna, le haut lieu de culte de la civilisation moche ou mochica. Une énorme colline dans le sable, qui ressemble à un tas de boue, mais qui en fait abrite 5 temples empilés les uns dans les autres. Pour marquer un tournant, souvent suite à la mort du grand manitou le prêtre, les mochicas l’enterraient et remplissaient complètement le temple de terre pour en reconstruire un par dessus. On a donc 5 temples en oignons. Ce peuple croyait en des divinités naturelles et vénérait le soleil, donc dès qu’une catastrophe naturelle avait lieu, ils avaient recours aux sacrifices humains pour apaiser ces dieux en colère. La balade était bien intéressante, pleine de couleurs étonnamment bien conservées.

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A gauche, les temples et à droite, la représentation de leur dieu

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En revenant, on s’est promené dans la ville, sa place des armes avec des façades toutes différentes. C’est marrant de se promener avec Guilhem. Ses grands yeux bleus détonnent dans le décors et attirent l’attention de TOUS les péruviens qui veulent le prendre en photo, le prendre dans les bras…

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Notre 2ème jour à Trujillo, ma sœur Flore et son copain Marc nous ont rejoint pour compléter un peu plus le groupe familial et on est parti tous ensemble faire la visite de l’autre site archéologique de la ville : Chan-Chan.

Les Mochicas ont décliné quand le peuple s’est rebellé, après une sécheresse qui a duré plus de 20 ans. Certains sont partis pour fonder une nouvelle ville avec une nouvelle croyance : Chan-Chan qui abritait la civilisation Chimu, de 800 à 1400. Les Chimu vénéraient la mer qui était plus forte que le soleil car tous les soirs le soleil tombait dans la mer (évidemment, la côte est à l’ouest). La cité a l’air bien conservée, mais en fait c’est parce que tout a été refait, quand on ne parlait pas de conservation, ni de restauration, mais de reconstruction. On voit que ce n’est pas vieux et tout en béton, du coup, ça perd de sa grandeur.

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A droite, un chien sans poil, une espèce d’origine péruvienne vieille de 2000 ans. Ce chien, sans puce et à la température du corps plus chaude que les autres chiens était utilisé pour soulager les enfants souffrant de maladies respiratoires en le mettant sur leur poitrine.

Le soir, on a diné du fromage car la mère de Marc en a acheté 4 kg. Miam ! On se croyait presque à la maison !! Et puis on a pris un nouveau bus de nuit pour aller dans les montagnes, à Huaraz où il parait que les sommets de la Cordillère Blanche sont magnifiques.

On est arrivés à Huaraz, au petit matin, frais et dispo après une nuit passée dans un bus VIP. On a essayé de trouver une activité qui convienne à tout le monde et après un petit repas péruvien assez simple on est partis dans la ville de Monterrey profiter des sources thermales qui jaillissent dans ce petit patelin au pied de la cordillère blanche. On avait un peu peur de répéter l’expérience désagréable de l’Equateur mais cette fois on a eu le droit à une “piscine” quasiment vide de monde et on a pu barboter tranquillement dans une eau à la couleur douteuse – il parait que c’est à cause de la présence importante de fer. On a quand même soigneusement évité de boire la tasse.

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Puis, nous sommes parti à quatre pour une randonnée d’une journée en direction du Laguna 69. “Laguna” en espagnol c’est “lac”, et celui là est un lac aux pieds des glaciers de la Cordillère Blanche, une partie des Andes réputée la plus belle de tout le continent. Le gros point négatif c’est que la balade démarre après trois heures de taxi piloté par un chauffeur qui venait probablement de gagner son permis la veille à une soirée poker. Le gars, pourtant jeune, était fermement agrippé à son volant, le cou tendu pour essayer de voir au mieux la route malgré sa petite taille, et on roulait à une vitesse d’escargot, nous faisant doubler par TOUS les autres véhicules. La récompense c’est qu’une fois à destination on marchait au milieu d’un décor grandiose : une vallée encaissée entre des pics recouverts de glace à plus de 6000 mètres. Le trek démarre à 3900m, d’où l’absence des deux parents et de Guilhem pour qui cette altitude est interdite.

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Vue du départ avec la vallée à remonter et le glacier au bout du chemin + un village abandonné sur la route

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La marche est assez facile bien que l’altitude rende les dénivelés plus ardus. Après avoir longé une rivière, remonté des cascades, passé des lacs et fait fuir à coup de pierres une vache un peu folle qui s’est mise à nous charger nous avons atteint le “lac 69” à 4600m d’altitude. Le lac est directement alimenté par la fonte des glaciers situés à peine quelques mètres au-dessus et possède une couleur assez fantastique, un bleu : “glacial?”, “menthe?”, “turquoise?”, “arpic-WC?”, “curaço?”, … Les qualificatifs ont fusé, dur de décrire une telle couleur.

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La descente fut plus rapide et plus facile, nous avons ensuite évidemment eu droit à nos trois heures de taxi interminables pour rejoindre Huaraz ; la journée a été longue.

Le soir même, nous devions déjà repartir même si Huaraz et la Cordillère blanche offrent d’importantes possibilités de trekking/cheval dans des décors impressionnants. Alors voilà, un autre bus de nuit, des kilomètres de paysages dans la pénombre qui défilent derrière les fenêtres pour atteindre Pisco au sud de Lima, ville réputée pour ses distilleries, d’autres sommets à gravir en perspective…

L’alcool national Péruvien s’appelle le “pisco”. C’est une eau de vie de raisin qui titre dans les 40°. C’est en fait la ville qui a donné son nom à cet alcool qui était exporté à l’époque depuis le port de Pisco pour d’autres colonies espagnoles. Mais les choses ont changé et il n’y a malheureusement plus beaucoup de raisons de trouver du pisco à Pisco. En vérité il n’y a plus grand chose à trouver à Pisco, la ville ayant été au trois quarts détruite par un important tremblement de terre en 2007. Quand on est arrivé on a fait face à un spectacle assez chaotique : rue en terre défoncées et maisons démolies, la reconstruction est LOIN d’être achevée. Dans son malheur la ville est presque photogénique, le spectacle est assez incroyable, ça rappelle l’Inde par certains côtés. En revanche on a trouvé un petit hôtel tout neuf et fort sympa, avec piscine, billard et ping-pong. Le pied. Et côté pisco on était sauvés puisque Pascal en trimballait une bouteille depuis plusieurs jours dans son sac…

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Lorsqu’on passe à Pisco on ne peut pas rater las Islas Ballestas, un groupe de petites îles au large. Après une après midi à visiter la ville nous sommes partis au petit matin visiter ce paradis pour oiseaux. On a commencé par aller voir un géoglyphe représentant un cactus de San Pedro utilisé à l’époque pour ses vertus hallucinogènes lors des rites religieux. C’est un bas relief de 150m sculpté sur une montagne de sable faisant face à l’océan. Personne ne connait son origine (probablement la période pré-inca) et sa signification. Les vents marins chargés de sel ont cimenté le sable, les précipitations annuelles sont quasiment nulles, et de fait ce “dessin” reste là, intact, depuis des centaines d’années.

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On a ensuite continué en bateau vers les îles. Il parait que à Las Islas Ballestas il y a beaucoup d’oiseaux. C’est faux, il y a BEAUCOUP d’oiseaux. Des millions, c’est hallucinant. Il y a aussi des pingouins (certes, ce sont des oiseaux) et énormément d’otaries. On se retrouve coincés sur les sièges du bateau, survolés par des centaines de piafs, dont des pélicans – un pélican c’est GROS – autant dire qu’une fiente de pélican ce n’est pas une fiente de pigeon et il ne doit rien y avoir de pire que de s’en prendre une pendant qu’on regarde le ciel. Il y avait également beaucoup de cormorans – un cormoran produit environ 350g de guano par jour – autant dire qu’on surveille quand ils passent au dessus. De temps en temps on voyait une rafale de fientes tomber dans l’eau un mètre derrière notre dos, ça donnait l’impression d’une balle de golf qui tombe, c’est énorme… Evidemment toute l’île est recouverte de guano, on a beau être un peu loin on ressent déjà bien les effluves insupportables qui règnent sur l’île. Tous les trois ans les péruviens collectent le guano pour le vendre pour ses vertus fertilisantes. Bref on est restés une heure, admiratifs devant tous ces volatils et ces otaries, hyper alertes pour protéger nos têtes tout en prenant des photos. Bilan, on est repartis victorieux, aucune victime de guanotage à déplorer.

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sur cette dernière photo on a l’impression que l’île est noire, c’est simplement une colonie de cormorans de près d’un million d’individus qui recouvre tout le sol 

L’après midi nous sommes partis visiter la réserve nationale de Paracas un immense désert de sable durcit par les vents marins (le sable devient dur comme de la pierre). On a passé quelques heures à voir des points de vue magnifiques puis à manger dans un petit restaurant au bord de l’eau.

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Le lendemain, on a fait un petit trajet de 2h en bus dans le désert pour aller à Ica et y passer l’après-midi avant de prendre un bus de nuit pour Cusco. Quelques heures d’escales pour visiter une fabrication de pisco. Un charmant jeune homme nous a fait une visite guidée et  nous a expliqué les différentes étapes : cuve où ils pressent le raisin, jarres qui servent à la fermentation pendant 2 semaines, énorme alambic qui sert à la distillation, et évidemment, dégustation.

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Puis on a eu tout juste le temps d’aller voir les impressionnantes dunes de Huacachina, qui encerclent un oasis tout droit sorti du cliché saharien. Pour en profiter pleinement, on est monté tout en haut sur la crête. De là, on a découvert l’immensité du désert, des dunes à perte de vue, un vent qui nous fouettait le visage de sable.

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Et puis on est reparti dare-dare pour prendre notre bus de nuit. Après un long trajet absolument horrible, entassés au fond, près des toilettes qui visiblement débordaient, nous sommes arrivés à Cuzco, pas du tout frais. Mais on avait du pain sur la planche : trouver un tour pour nous emmener voir le Machu Picchu et la vallée sacrée.

Cuzco était la capitale Inca, le siège du pouvoir, le centre de l’empire à l’époque de leur expansion fulgurante et avant que les espagnols n’arrivent et ne mettent fin à leur main mise sur la région. L’Empire s’appelait les quatre mondes : l’est (l’amazone), le sud (la Bolivie et le nord du Chili et de L’Argentine), l’ouest (la côte Péruvienne) et le nord (l’Equateur et le sud de la Colombie). Neuf millions de personnes en tout. La vallée autour de Cuzco débordait donc d’activité et les vestiges de cette civilisation ne manquent pas, il faut plus qu’un simple passage dans la région pour en faire le tour ; on a néanmoins profité de notre trajet en direction du plus que fameux Machu Picchu pour s’arrêter et visiter les sites les plus spectaculaires. On est partis à sept dans notre taxi, premier arrêt pour voir les terrasses de Moray : un site agricole a priori expérimental où les incas testaient différentes cultures dans différentes conditions météorologiques. Ils avaient mis au point des terrasses dont les différents niveaux bénéficiaient de différents micro-climats permettant de faire toutes leurs petites études.

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Ensuite nous nous sommes dirigés vers les salinas de Maras : après avoir traversé moultes couches terrestres un tout petit cours d’eau fortement chargé en sel jaillit de la montagne ; les Incas ont aménagé des bassins en terrasse pour remplir puis faire évaporer tout ça. Cela fonctionne toujours aujourd’hui et chaque bassin donne environ deux cents kilos de sel par mois, les locaux y travaillent en sandales et mains nues, la peau usée par le sel et le soleil. Le nombre de bassins est vertigineux et le décor est vraiment impressionnant, on marche sur des chemins croutés de sel, autour de nous tout est blanc. Le soleil tape fort sur cette étendue blanche, il faut plisser les yeux pour apprécier le décors, une oasis aveuglante de cristaux au milieu des sommets rougeâtres des Andes.

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Le sel produit ici est réputé être de très très bonne qualité, tout plein de minéraux excellents pour la santé, “le meilleur du monde” annoncent-ils sans frémir. Il parait même que les grands chefs de ce monde cuisinent uniquement avec ce sel si particulier. 

On repart, la route est superbe, les montagnes sont parmi les plus belles que nous ayons vues, on croise des locaux habillés de toutes les couleurs en train de faire paitre leurs moutons ou leurs vaches, on croise des villages reculés ou les enfants jouent au foot et les cochons et les poules bordent le chemin. En début d’après-midi nous avons atteint la ville de Ollantaytambo où notre train pour le Machu Picchu partira en fin de journée. Le village est bien joli, des murs dans le style Inca avec des pierres ajustées au millimètre, des villageois habillés en costumes traditionnels, une certaine ambiance donc. On est impatients de franchir les derniers kilomètres de rails qui nous séparent du la citadelle mystérieuse…

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Au bout du train, il y a Aguas Calientes, un village encaissé dans la vallée d’où partent les principaux accès au Machu. Cela nous a permis de prendre les transports les plus chers (au kilomètre) qu’on aie vus pendant notre périple, le Machu ce n’est pas donné. La ville d’Aguas Calientes est HYPER touristique, des restaurants aux prix prohibitifs qui alternent avec des stands d’artisanat péruvien ; on n’a pas fait grand chose de plus que de profiter d’un bon sommeil avant la journée marathon :

- 4H00 : réveil, dur.

- 4H30 : on quitte l’hôtel et on arrive à l’arrêt des bus pour le Machu Picchu, on a une heure d’avance sur le départ du premier bus mais il parait qu’il FAUT arriver tôt.

- 4H31 : effectivement il FAUT arriver tôt, il y a déjà bien la queue – c’est dingue –, on se met dans la file et on attend…

- 5H35 : ça fait une heure qu’on dort debout dans le froid sur le trottoir, les bus commencent à partit les uns après les autres dès qu’ils sont plein, la queue de touristes est gigantesque mais grâce à notre réveil matinal on monte dans le sixième bus qui s’envole vers la citée.

- 6H00 : on arrive devant l’entrée du Machu et on se met (à nouveau) dans la file des touristes.

- 6H20 : on rentre ENFIN dans la place…

Le Machu Picchu c’est la contrainte du plaisir, c’est LE passage obligé alors on n’a pas vraiment l’impression de choisir d’y aller et on appréhende un peu, mais une fois sur place il faut bien se rendre à l’évidence : Wahou ! C’est grandiose, c’est beau, c’est prenant.

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A droite un mur Inca typique, impressionnant, ils étaient très fort en Tetris, pas besoin de mortier…

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Les lamas omniprésents sur le site, Flore a eu le malheur de manger une banane et de se faire, du coup, un nouvel ami

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Le point de vue le plus connu, avec au fond le sommet du Waina Picchu (la “montagne jeune”, tandis que Machu Picchu signifie “montagne vieille”)

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A droite la vue depuis la porte du soleil : l’arrivée du trek pour les courageux qui viennent à pied depuis Cuzco (pas nous donc)

On a quand même eu droit aux deux pires guides qui puissent exister : le premier espagnol qui soutenait que les incas se télé-transportaient en Egypte et jurait que nous sommes tous des êtres réincarnés, le second en anglais habillé comme un jeun’s, avec une connaissance du site plus que douteuse et qui balançait des “my friends” et des “ok guys” énervants toutes les 1 secondes 1/2 (véridique). L’autre petit bémol c’est l’absence de connaissances historiques sur cette citée : on ne sait pas quand elle a été construite exactement, on ne sait pas quand elle a été abandonnée exactement ni pourquoi, on ne sait pas à quoi elle servait exactement… Donc on entend une multitude de théories, d’explications, de possibilités, et on reste toujours dans cette ambiance de mystère et nos questions sans réponses au bord des lèvres.

En gros la citée date du XVème et a été abandonnée suite à l’arrivée des espagnols en 1532 (un peu avant ou un peu pendant ou un peu après, on ne sait pas bien). Elle avait une dimension spirituelle (de nombreux temples), universitaire (on trouve des ruines d’écoles), commerciale (à la croisée de plusieurs chemins), et surtout accueillait l’empereur de temps en temps. Les espagnols ne l’ont jamais découverte et c’est en 1911 qu’elle a été re-découverte ensevelie sous la végétation.

On est restés à peine onze heures à visiter cette merveille. A la fin il faut bien avouer qu’on a mal aux jambes et qu’on a juste envie de rentrer se coucher ; mais voilà il faut rentrer à Cuzco, prendre un bus puis un train puis un taxi pour enfin, six heures plus tard c’est à dire aux alentours de 23H00, arriver devant notre hôtel.

Le lendemain, Pascal, Tévécia et le petit Guilhem sont repartis pour Lima terminer leurs vacances tandis que Flore, Marc, Adrien et moi passons une journée tranquille à visiter quelques temples de Cuzco, faire du shopping et profiter des charmes de cette ville avant de sauter dans un bus direction les rives du lac du lac Titicaca.

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Dernière étape au Pérou avant de passer en Bolivie : Puno, son petit lac et ses îles.

Ah le lac Titicaca qu’on nous a tant rabâché en géographie à l’école. Le plus haut lac navigable du monde. Effectivement c’est grand (plus de cents kilomètres de long) et c’est haut en altitude (quasi 4000m). La route en bus pour y arriver est sublime, on longe des plaines et des montagnes d’herbes jaunies par le soleil, on est impatients d’arriver !

Puno est la grande ville Péruvienne qui borde le lac, plutôt moche mais offrant un port pour rejoindre quelques îles perdues au milieu du lac. La ville est encaissée, les rues sont souvent en pente et lorsqu’on s’y balade on ressent rapidement les effets de l’altitude : c’est pénible, on crache nos poumons.

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On a évité les tours operators et on a sauté dans un bateau collectif direction les îles Uros, aussi appelées “îles flottantes”, à une heure de Puno. Ces îles sont “artificielles”, les habitants utilisent les roseaux qui pullulent dans le lac pour se faire un petit territoire flottant de cinq cents mètres carrés où ils posent leurs cinq ou six maisons également en roseaux.

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Les roseaux sont fragiles : tous les 15 jours les habitants soulèvent leur petite maison et rajoutent une nouvelle couche de roseaux pour compenser celles du dessous qui pourrissent. On marche sur un sol assez mou, les enfants peuvent se jeter par terre sans risquer de s’exploser un genou ; par contre pas très pratique pour faire du vélo.

On a beau venir en indépendant, à peine on pose un pied sur l’île qu’une habitante vous prend la main et vous fait visiter sa maison en vous expliquant comment elle vit avec sa petite famille. Immédiatement la méfiance s’installe - rien n’est gratuit dans ce bas monde – et on se retrouve en quelques secondes devant un étalage d’artisanat fait par notre petite guide qui vous explique avec les larmes aux yeux que ce sont ses seules ressources pour vivre. Les trente minutes suivantes se passent ainsi à essayer de fuir notre hôtesse qui nous courre après pour nous montrer ses bracelets et ses pendentifs… pas facile de se cacher sur cette île !

Ce fut tout aussi intéressant que pénible et on repart enfin pour la prochaine île : Amantanita. Des mamas nous accueillent : l’ile est régie par un système communautaire où les habitants se relaient pour accueillir les touristes qui souhaitent passer la nuit ici. On nous attribue donc une charmante vieille femme souriante qui nous traine à travers l’ile pour atteindre sa maison : c’est très sommaire, murs en terre, lits en bois, cuisine au feu de bois, pas d’eau, pas d’électricité, mais plein de charme. A peine arrivés le père de famille nous déballe une collection de bonnets péruviens tricotés avec les pieds, “pas encore” on se dit mais heureusement il n’insiste pas trop et on peut passer à table. Enfin “à table” c’est vite dit. Une petite pièce sombre envahie par la fumée du feu servant à préparer la soupe, quatre chaises de jardin et de la vaisselle en terre cuite. On nous a servi une soupe inconnue, puis une salade froide de légumes inconnus, puis un verre d’eau chaude dans lequel on devait faire infuser des branches d’on ne sait pas trop quoi…

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Les gens ici parlent Quechua – la langue des Incas – l’espagnol servant uniquement à communiquer avec le reste du pays. Du coup leur espagnol n’a pas grand chose à envier au notre, le tout avec un accent incompréhensible, et la communication avec nos hôtes fut plutôt compliquée. On n’a pas fait que manger des légumes bizarres, on a aussi visité l’île, avec le lac Titicaca qui s’étend à l’infini tout autour.

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Le soir, alors qu’on pensait aller à une petite fête de village organisée par les amis de notre hôte, on s’est en fait retrouvé dans la salle des fête avec tous les autres touristes. On a compris alors pourquoi notre mama avait insisté pour qu’on enfile les vêtements locaux qui sur eux sont très beaux, mais sur nous paraissent juste ridicules… Mais bon, tout le monde visiblement avait subi le même sort, et on a suivi le mouvement quand il a fallu danser.

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Le lendemain nous filons sur notre troisième et dernière ile : Taquile. Elle ressemble fortement à la précédente mais le soleil qui brille nous permet d’en profiter encore plus avant de rentrer sur Puno.

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Avant de quitter Puno pour la Bolivie nous nous offrons un dernier restaurant Péruvien fortement recommandé pour sa fondue au fromage Andine. Mais quelle déception ! On s’est retrouvé a partagé une fondue de béchamel immonde… pas un gramme de fromage dans ce truc.

Et puis on a filé de l’autre côté du Titicaca, côté Bolivie donc.

1 Response
  1. Unknown Says:

    ...l'emerveillement doit etre total!!!!

    Vous avez interet à faire un beau roadbook pour votre retour :-D

    Fred toujours en direct de GE :-)