Un cours trajet en avion nous a amené de Pékin à Osaka. On a rejoint Kyoto en train. Il était 18H30 et on a pu assister à la sortie des bureaux : 90% des hommes sont en costard-cravate, l’air crevé, à dormir debout dans les wagons ; les étudiantes pas frileuses en jupe de 10cm, souliers vernis, chaussettes aux genoux, chemisier ouvert et chupa chups dans la bouche. Bienvenue au Japon ! Les trains sont également très propres, on pourrait manger par terre.
18H30 c’est pas que l’heure de la sortie des bureaux, c’est aussi l’heure de l’apéro et y avait pas mal de japonais qui sortaient leur petite canette de bière de leur sacoche, leur petit sachet de cacahouète de leur poche et qui se prenaient l’apéro tous seuls debout au milieu du wagon.
On est arrivés de nuit alors on n’a pas vu grand chose. La ville est calme, quasi pas de circulation et pas grand monde dans les rues. En cherchant notre chemin en sortant de la gare on a croisé une sud-coréenne qui allait au même hôtel que nous et qui nous a montré la route. Au moment de traverser une ruelle déserte, elle nous crie “stoooop”… effectivement le feu piéton était rouge, y avait pas une voiture à des kilomètres mais on a attendu comme des sages que ça passe au vert. Décidément ça change du reste de l’Asie…
Notre guesthouse était vraiment chouette, il faut enlever ses chaussures à l’entrée, tout le monde est en chaussette, y a des lieux de vie très sympa, c’est hyper propre, les toilettes possèdent une télécommande remplie de boutons pour toutes sortes de jets ou de parfums ou de musiques pendant que vous faites votre affaire, bref c’est ambiance.
Le lendemain, nous sommes partis du mauvais pied avec le Japon.
On avait décidé de louer des vélos pour visiter la ville. Ce qu’on fait depuis quelques temps et qui marche bien pour se déplacer librement, rapidement, sans être trop cher. On a commencé par se faire klaxonner sur la route avant de comprendre qu’au Japon, on ne roule pas sur la route, mais sur les trottoirs, là où sont tous les piétons… donc on perd pas mal en rapidité. Les feux rouges durent 3h et on passe pour des hors la loi quand on ne les respecte pas, alors qu’il n’y a aucune voiture à des km. C’est aussi très compliqué de savoir où poser son vélo. On ne peux pas le garer n’importe où dans la rue, il faut aller le mettre au parking, sinon il peut se faire embarquer par la fourrière. Le problème c’est qu’il n’y a pas beaucoup de parkings. Ne pas savoir quoi faire de nos vélos pour visiter les temples nous a fait beaucoup tourner en rond et gâché un peu le plaisir.
Une fois qu’on a réussi à entrer dans les temples, on n’était pas au bout de nos peines. Un temple, ce n’est pas qu’un seul bâtiment, c’est plein d’édifices dans un grand parc, dans lesquels il faut entrer déchaussé. Donc les chaussures, il faut les mettre et les enlever toutes les 5 min. Manque de chance, on avait mis nos chaussures de marche pour être plus à l’aise… Et dès qu’on marche par inadvertance sur un endroit interdit, plusieurs japonais se précipitent sur nous pour nous le faire remarquer. Mais tout ça fait avec une grande politesse. On est au Japon quand même.
Mais on ne peut pas résumer le Japon à ces quelques difficultés liées au fossé entre nos cultures respectives. Notre agacement a été estompé par la beauté des ruelles empruntées, l’ambiance zen des temples visités, la gentillesse des personnes croisés.
Kyoto est assez immense et le nombre de choses à visiter est énorme. On a choisi, un peu au hasard, de consacrer notre 1ère journée aux temples de l’est de Kyoto et de Gion, le quartier des Geisha. Même si beaucoup de temples se ressemblent, les lieux diffèrent par l’ambiance et les gens qui y sont. En haut d’une colline, on a visité le 1er temple au milieu de centaines d’écolières en jupe plissée et chaussettes hautes. On a admiré la forêt autour avec ses multiples teintes de vert.
On a croisé sur notre chemin une procession de bonzes, qu’on a suivi jusqu’à un temple, avec un énorme buddha assis, où on les a écouté chanter.
On a admiré l’architecture jap avec les maisons en bois, à portes coulissantes et toits multiples.
On a regardé avec étonnement des couples de jeunes habillés en tenue traditionnelle et avec des yeux encore plus grands des Geisha se promenant dans la rue.
Le lendemain, nous avons visité des temples zen qui sont situés au milieu de jardins qui à eux seuls valent la visite : c’est un plaisir de se balader dans ces lieux très reposants. Tout est beau, tout est bien agencé, tout est feng-shui, chaque petit caillou est à sa place, on sent que rien n’est laissé au hasard.
Le dernier jour, on a continué nos visites avec un temple un peu différent : un sanctuaire dédié au riz et au saké. C’est magnifique : 4km en marches d’escaliers qui serpentent jusqu’au sommet d’une colline ; la totalité du trajet s’effectue sous des toris (arches oranges/rouge) alignés tous les 50cm environ.
De retour sur Kyoto on file à l’autre bout de la ville visiter une bambouseraie qui borde un temple. Le site est superbe et on passe encore un bon moment à se promener au hasard en traversant des jardins et en longeant des rivières.
Au final, Kyoto nous a bien plu. Il faut prendre un peu le temps, se balader et se perdre dans les petites rues pour en prendre plein la vue. Mais nous n’y avons passé que 3 jours, ce qui est bien trop court pour découvrir le Japon !
L’avion suivant nous a emmené à Hong Kong, où on s’est pris un gros choc thermique et hygrométrique en sortant de l’avion. On y est resté également 3 jours, à se balader alternativement dans les pots d’échappement et les tours gigantesques ou au bord de la mer et les petits marchés, la plupart du temps sous un ciel chargé en nuages et bouchant la visibilité, mais le dernier jour, sous un ciel bleu éclatant ! Hong Kong est composé de plusieurs îles et d’un bout de continent, qui en font un territoire gigantesque, bien plus grand que la ville en elle-même. Le 1er jour on est parti se balader sur l’île de Lama : une île sans voiture, avec des villages de pêcheurs et des restaurants de fruits de mer, de la jungle et quelques plages. Un havre de paix pour les gens qui n’en peuvent plus de la ville.
On a également fait les incontournables de Hong Kong : une balade en haut du Victoria Peak, où beaucoup d’expat font leur footing ou se promènent avec leurs enfants. On a une belle vue sur la baie et les buildings. Le soir, on s’est promené sur le long de l’allée des Stars, en face de l’ile de Hong Kong, et qui donne directement sur la baie et d’où on peut admirer la skyline. Comme à Hollywood, plein de stars ont leur nom sur une dalle, sauf que là, on ne connaît absolument personne…
Le Sud de l’ile de Hong Kong est un endroit prisé des expats : plages, port de plaisance, cote presque sauvage. Du coup le prix des logements s’envole, et dans le building qui vient d’être terminé, on peut louer son appartement grand standing pour la modique somme de 40 000 € par mois… Bienvenue dans le monde des traders !
Il existe néanmoins des petits marchés qui rappellent qu’on est en Asie et on a fait nos dernières courses avant de passer dans les pays chers.
On a bien apprécié cette dernière étape asiatique avant de mettre les voiles dans le pays du requin, des araignées, des crocodiles et de la plage : l’Australie !
